Mogador-Taghart-Essaouira _ آلصويرة. ثاغارت. موكادور
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L'Art du Araar thuya

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Les marqueteurs d'Essouira

Message  ibrahim le Lun 22 Mar - 1:11

Les marqueteurs d'Essouira

ibrahim Aujourd'hui à 12:30

Les Marqueteurs d'Essaouira


par Abdelkader Mana


conception d'ibrahim


Les marqueteurs d’Essouira

maâlam Tahar Mana, doyen des marqueteurs d'Essaouira (1910 - 2002)[/size]




« La forme du bois est changée si l’on en fait une table.
Néonmoins,la table reste bois, une chose ordinaire
et qui tombe sous les sens.Mais dés qu’elle se présente
comme marchandise, c’est une tout autre affaire.
A la fois saisissable et insaisissable,
il ne lui suffit pas de poser ses pieds sur le sol,elle se dresse
pour ainsi dire sur sa tête de bois, en face


des autres marchandises et se livre à des caprices plus bizarres

que si elle se mettait à danser ».Karl Marx



Ma grand-mère paternelle Mina serait morte en 1919 de la diphtérie, affection qu’on appelait « Hnicha » (serpentine), qui tue par étouffement au niveau de la gorge. Mon père n’avait alors que dix ans, quand sur son lit de mort elle le confia à Abdessalam, le fils aîné de sa sœur, en ces termes :

- Tahar, mon fils est orphelin du père et bientôt il le sera de mère : il n’a que faire du cléricalisme, il faut lui trouver un travail manuel pour vivre.





maâlem Tahar Mana dans son atelier de la Scala début des années 1980



C’est ainsi qu’Abdessalam allait confier mon père à l’un des premiers marqueteurs d’Essaouira : c’était juste à la fin de la première guerre mondiale. Ce maître confectionnait service de thé et cross de fusils en bois de noyer incrustés d’ivoire, pour la Maison royale et les consuls de la ville, comme en témoigne mon père dans un enregistrement de 1980 :





Traces de mon père: dessins géométriques et rinceaux floraux

« L’un des pionniers de la marqueterie fut le cheikh Brik. Il était le maître de Hâjj Mad, mon initiateur à ce métier. Le père de ce dernier le voyant un jour traverser l’artère des forgerons, au retour d’une partie de chasse, en compagnie d’un autre chasseur, avec leur tenue de chasse et leurs sloughis, s’exclama :




- Et dire que je voulais en faire un clerc ! Le voilà qui traîne maintenant des sloughis derrière lui ! Que faire ?




Quelques jours plus tard, il le retira de l’école coranique, et le confia à cheikh Brik, pour qu’il apprenne le métier. Le jeune apprenti qui avait vu auparavant, en passant devant l’atelier, cheikh Brik, en train d’administrer une fessée à un apprenti, sur le madrier, fit tout pour ne pas mériter le même châtiment. Mais il ne fut jamais puni, pour la simple raison, qu’en tant qu’ancien étudiant d’école coranique ; il s’était rendu indispensable, en déchiffrant les missives que son maître recevait de la Maison royale. Ce dernier confectionnait des coffrets ornés de nacre, des services de thé, et des crosses à fusils en bois de noyer, aussi bien pour la Maison royale que pour les consuls qui vivaient alors à Essaouira. Je me souviens d’une réception que m’avait accordée le pacha de la ville, dans les années 1930, pour me demander de reproduire en thuya, ces anciens modèles en noyer. Il me disait alors que ces ustensiles appartenaient au sultan Moulay Abdelaziz. Au début la marqueterie se faisait au feu qui laisse des traces noires — semblables à l’encre de Chine — qui restent pour toujours. »






Maâlam Tahar Mana avec ses amis artisans en pic-nique rituel (nzaha) dans la vallée de l'Ourbika




Des traces qui restent pour toujours : épreuve du feu, traces indélébiles, tel est le désir d’éternité, qui habite tout créateur.C’est pour nous les vivants que cette mémoire est importante, si tant soit peu que le deuil soit possible… Je ne sais plus, pour ma part, quel penseur grec avait donné cette définition de la mort : quand je suis là, elle n’est pas là, et quand elle est là, je ne suis pas là. Une consolation ? Peut-être. Mais les blessures de l’âme, l’absence de l’aimé, qui peut les soigner ? Cette éternelle quête du sens ?

Bien avant l’apparition de la marqueterie, ses fondateurs étaient ceux-là même qui ornaient les toits des mosquées et ceux des demeures caïdales, et qu’on appelait les Brachlia. Mon arrière-grand-père paternel était de ceux-là. Il avait effectué à au moins deux reprises le pèlerinage à La Mecque à pied. À son retour au pays Chiadmi, trouvant sa maison dévastée, il était allé se réfugier dans la tribu voisine où on lui accorda femme, bergerie et terre à labourer. C’est là que naquit mon grand – père paternel, qui sera cordonnier de son état et qui mourra assassiné sur une plage déserte entre Essaouira et Safi, attaqué probablement par des coupeurs de route, qui lui enviaient sa charge de babouches. Mais sa disparition demeure toujours un mystère. Son père Hâjj Thami le Marrakchi, aurait été non seulement un paysan et un pèlerin, mais aussi un Brachlia de Marrakech, c’est-à-dire un décorateur des toitures en bois peint ; il aurait été le décorateur de la toiture de Sidi Mogdoul, le saint patron d’Essaouira.

La peinture avait donc précèdé l’incrustation du bois. Alors que les dessins géométriques sont incontestablement d’inspiration islamique, le recours aux rinceaux (ou Tasjir) est d’inspration occidentale comme l’indique son autre nom Ârq Aâjam (racine chrétienne). Ce dernier modèle s’inspire de la nature dont l’Islam prohibe l’imitation. Quant aux motifs ornementeaux, ils résultent d’une créativité locale : la marqueterie est donc la synthèse obtenue par des générations d’artisans, à partir de la combinaison de modèle d’emprunts et de créativité locale.





Peinture sur bois du Mokhazni Bentajer



Peinture sur bois du ferrailleur, Asman Mustapha

Sur la table circulaire du marqueteur, comme dans la voûte intérieur d’une coupôle peinte par un Barchliya, tous les dessins sont organisés autour d’un noyau central et se basent essentiellement sur le principe de la symétrie. Une khotta (dessin géométrique) , rayonne à partir du centre et se caractérise par le nombre de rayons dits Isftown dans le jargon de la corporation des marquéteurs d’Essaouira, et l’espace entre deux rayons est dit Kandil (lanterne). On peut définir la Khotta – peinte par mon arrière grand père le Brachliya, puis incrustée par mon père le doyen des marquéteurs – comme étant un cercle formé de deux ou plusieurs carrés en rotation autour d’un même centre, dont chaque angle est traversé par deux rayons parallèles. Nous avons au total quatorze Khotta possible de la plus simple (l’hexagonale) à la plus complexe ( la Stinia) qui donne son nom au château du Glaoui à Marrakech. On retrouve là tous les chiffres magique rencontrés chez les Regraga : les quatre point cardinaux du carré magique, la forme circulaire du cycle temporel, comme me le disait souvent mon père :




Le temps tourne pour ceux qui obéissent comme pour ceux qui se révoltent

A lui, seuls les ignorants se fienti,

Combien de peuples y ont vécu dans le bonheur et l’insouciance

Et un jour, il les a sabré sans poignard !






Maâlam Tahar Mana avec médaille de mérite de l'artisan

C’était un véritable rite d’initiation que le passage du statut de compagnon à celui de maître. A cette occasion se réunissait un conseil : l’Amine avec ses deux conseillers, le compagnon candidat et son ex-maître. On ne se cotentait pas des jugements qu’émettait ce dernier à l’égard de son disciple, on procédait à un examen municieux des ouvrages fabriqués par le candidat. On se renseignait sur sa moralité, le fameux Maâkoul. Ce n’est que lorsque ces conditions étaient requises que le titre de MAÎTRE, qui confère en même temps le droit d’ouvrir un atelier autonaume, lui fût atribué. On pourrait penser que ce système rigoureux était lié à l’intérêt qu’avait la corporation de limiter les candidatures possibles. Il était plutôt choisi pour une grande part par la qualité des ouvrages qui se faisaient naguère. La conception mentale est toujours plus rapide que la maîtrise gestuelle et le maître est justement celui qui est parvenu à transmettre de l’intelligence à ses gestes. L’apprentissage avec ses rites d’initiation qui ponctuaient le passage du statut d’apprenti à celui de compagnon et, enfin, de maître, visait cette pleinitude du geste où la main devient « pensée ».

Le premier maître de mon père fut Abdelkader El Eulj, un originaire d’Andalousie : il aurait sauvegardé la clé de la maison de ses ancêtres de Cordoue. Celle-ci était transmise de génération en génération dans l’improbable espoir de retrouver un jour le paradis perdu de l’Andalousie musulmane ! Et l’on dit que si la progéniture d’Abdelkader El Eulj, était mulâtre, c’est parce que lui, l’Andalou au blanc immaculé, s’était marié avec une esclave du fait que sa femme blanche était stérile.




Abdessalam, le tuteur de mon père disait à son maître en marquetterie :




-- Vous avez droit de vie et de mort sur ce garçon : si vous le tuez, nous sommes là pour fournir le linceul !

Un jour qu’il était aller chercher de l’eau à la fontaine publique pour son maître, celui-ci lui fracassa la cruche remplie d’eau sur la tête pour cause de retard.




Après cet incident, mon père a dû rejoindre un autre maître du nom de Hâjj Mad, enterré à la zaouïa de Moulay Abdelkader Jilali, où avait eu lieu la cérémonie funéraire au quarantième jour du décès de mon père, et où le fils d’Allam -le nachâr (scieur de madriers à la coopérative des marqueteurs)- avait distribué en guise d’hommage à l’assistance, la fiche artisanale de mon père.





L'allée des marqueteurs

Hâjj Mad était à la fois marqueteur et marchand d’esclaves : sur les terrasses de la ville, on enduisait au henné le corps d’ébène des jeunes esclaves, pour les rendre « luisants » et « attrayants », afin de les vendre à un prix avantageux dans l’actuel marché aux grains (Rahba). Un jour Hâjj Mad voulu ausculter la dentition de l’un d’entre eux, et sans crier gare, celui-ci lui mordit la main jusqu’à l’os ! Maâlam Mahmoud Akherraz, le sacrificateur des Gnaoua qui vient de disparaître presque centenaire me confirmait ces faits :




« Un jour, je devais avoir entre huit et dix ans, je vis un esclave mordre le doigt d’un marchand qui l’avait introduit dans sa bouche pour examiner sa denture.Cela se passait vers 1920. Mon oncle maternel fut acheté au prix de soixante rials, à l’époque du caïd khobbane. Toutes les familles aisées de la ville avaient des servantes noires, les khdem, et des esclaves mâles, les abid. Dans ma jeunesse, les Noirs autour de moi parlaient un dialect africain que je ne comprenais pas. D’ailleurs, je ne comprends pas non plus certaines paroles des chants gnaoua. »



L'atelier de mon père: le numéro 11 de l'allée des marqueteurs

Mon père accompagnait son maître Hâjj Mad aux veillées religieuses, en tenant d’une main l’ampleur de son burnous et de l’autre une lampe à huile d’olive, pour éclairer les sombres et tortueuses ruelles d’Essaouira d’alors. Il l’escorta ainsi à un mariage qui se tenait au Riad du négociant Hâjj Fayri ; où des musiciennes femmes étaient accompagnées d’un luthiste aveugle : Le musicien devait être toujours aveugle pour ne pas être ébloui par le charme satanique des femmes !





C’était au temps, où à la veille de la fête du sacrifice, les enfants chantaient encore la fameuse comptine dénommée Qûbaâ ( la pie ), qui fait partie de ce que Halbwachs appelait « les cadres sociaux de la mémoire » :




Pie, ahah !

Carrelée, ahah !

Viande fraîche, ahah !

Et n’égorge, ahah !

Et ne dépèce, ahah !

Jusqu’à ce que vienne, ahah !

Moulay Ali, le doré !

Il a bu une sangsue,

Aussi grande que l’astre !

Pour guérir ? Ahah !

Sueur d’ensens, ahah !

Où est l’ensens ?

Chez l’herboriste !

Où est l’herboriste ?

Dans la cithar !

Patronne de la maison

Par-dessus l’olivier !

Cette maison est la maison de Dieu !

Et les disciples, esclaves d’Allah !

Donne moi quelque chose,

Si non, je pars,

En rampant,

Comme le serpent

Providentielle ! Haw ! Haw !

Sur l’olivier! Haw! Haw!

Cette maison est la maison de Dieu !

Libérez-nous ! Providencielle ! Haw ! Haw !




La maîtresse de la maison leur donnait alors un mélange de henné, de sel et d’orge, que le bélier devait avaler avant d’être sacrifier par Moulay Ali le doré. Actuellement ces comptines oubliées ne sont plus évoquées que par de vieux souiris, lorsqu’ils parlent des années folles de leur enfance. Après l’école coranique, les enfants étaient principalement déstinés à un travail manuel, la marqueterie, en particulier.

Tout à l’heure le peintre Zouzaf m’a convié à rejoindre Abdessadeq, ami de mon père et l’un des derniers marqueteurs d’Essaouira. Au quarantième jour de la mort de mon père, il m’avait fait écouter des enregistrements radio de mon père effectués au début des années quatre-vingts,c’est-à-dire à un moment où il fréquentait encore son atelier de la Scala, juste en face du vieux cinéma de la ville, actuellement fermé. Quand je quittais à l’entracte la salle obscure, la première silhouette que je voyais, les yeux encore éblouis, était celle de mon père sciant inlassablement le bois. Et combien de fois ne lui arrivait-il pas de revenir travailler jusqu’à tard la nuit juste pour que nous ne puissions manquer de rien. L’atelier où travaillait mon père respire à la fois la forêt du mont Amsiten que nous avons aimé ensemble par d’innombrables balades philosophiques, où l’adolescent que j’étais assaillait de questions le maître à penser qu’il fut pour moi : un artisan capable d’évoquer à la fois Al Maârri, le poète aveugle, mais ô combien clairvoyant, Al Ghazali surnommé « preuve de lIslam », et Socrate faisant face avec courage et dignité au breuvage à la ciguë… On avait aménagé les ateliers des marqueteurs dans ce qui tenait lieu de dépôt de canons et de munitions : devant chaque atelier, un anneau de fer où était attaché le cheval qui tirait le vieux canon jusqu’en haut de la rampe qui fait face à l’ennemi venu de l’océan des ténèbre.


Maâlam Tahar Mana jaugeant un madrier de thuya (gaïza) à la coopérative des marqueteurs d'Essaouira


Des madriers de thuya de cette taille n'existent plus dans les forêts de la région d'Essaouira: on va les chercher très loin dans la province de Taroudant. La région dispose pourtant d'une riche forêt de thuya notamment au mont Amsiten en pays Haha, au Sud d'Essaouira, mais depuis le début du XXème siècle à nos jours, cette forêt de thuya a été décimée par la coupe éffrénée, pour le charbon vendu à vil palors même que cette source d'énergie est devenue obsolète. Le précieux bois de thguya dont a besoin la marqueterie local est devenu rarissime - les arbres de thuya utilisés par les marqueteurs d'Essaouira constituent seulement 1% de la forêt existante- et les artisans douivent maintenant chercher leur précieuse matière première très loin ce qui hypothèque leur avenir concernant la disponibilité de cette précieuse et rarissime matière première!

Images de la coupe de la forêt de thuya au mont Amsiten en pays Haha





De la coopérative des marqueteurs me revient surtout le souvenir de la fête de mars, qu'organisait la corporation, avec comme vedette Abibou le chantre du Malhûn local, boulanger de son état, célèbre surtout par sa petite taille et son humour caustique : il ne pouvait pas ouvrir la bouche sans provoquer l'hilarité universelle.Je vois encore « BaghiTagine » (désir- de - tagine), décédé récemment, interpeller de l'estrade maâlam Tahar Mana, en le surnommant le « rossignol de la corporation », probablement pour l'habileté de son art puisqu'il n'avait pas une voix de ténor.

Le légendaire maâlem Abdellah Abibou, grand ami de mon père devant l'éternel.Ce dessin a été réalisé à Casablanca, par un certain Albert(déssinateur de rue).le 25 décembre 1966, d'après une photo d'identité de l'interréssé, décédé à l'âge de 86 ans, en 1962, puisqu'il était né en 1876.
C'était l'un des plus grands connaisseurs du Malhun de la ville et du Maroc.Il était aussi connu par son humour costique. Son trésor de qasida demalhun (khazna), se trouvait caché dans une vieille valise, qui contenait 47 manuscrits de Malhun, ainsi que trois parchemins en cuire contenant chacun une qasida du genre malhun composé de son propre crû: l'une d'entre elle était dédiée à sa campgne Saâdia, la deuxième s'intitulait Sidi Yacine, le saint patron situé au bord de l'oued Ksob, non loin de Ghazoua. Et la troiième qasida , il l'avait composé en l'honneur du fils du tanneur Carel, à l'occasion de son anniversaire. Il avait tout le temps sur lui une taârija(tambourin) enduite de henné, dont il se servait pour déclamer les qasida du malhun. C'était un buveur impénitent, un bon vivant qui appréciait, la fine fleur du kif (on a sauvegarder sa pipe de kif jusqu'à une période récente), mais quand la "Sjia"(l'inspiration) était là, il n'écrivait pas lui-même la qasida, mais la dictait à son élève le bazariste et antiquaire Miloud Ben Ahmed Ben Miloud, dit "Ben Miloud " tout simplement






Le 15 janvier 2003 je notait cette anecdote sur la cohabitation des religions à propos du grand père de Ben Miloud : Le soir Ben Miloud m'a parlé du récit que me racontait mon père sur son grand - père l'imam de la Zaouia des Regraga : « Le prêtre de l'église locale avait l'habitude de se rendre tôt à la plage de Safi, au nord d'Essaouira. Un jour il perdit un gousset plein de louis d'or, non loin de Bab Doukkala. Le grand- père de Ben Miloud, qui était imam à la Grande Mosquée, et qui avait lui aussi l'habitude de faire sa promenade matinale au bord de la mer, découvrit le gousset de louis d'or. Le jour même, il fit appel au crieur public pour annoncer au travers les artères de la ville, que « quiconque avait perdu un gousset ; doit se présenter devant l'imam de la Grande Mosquée pour donner son signalement et son contenu, afin qu'elle lui soit restituée. Le prêtre se présenta devant l'imam et retrouva effectivement son gousset de Louis d'or intact ».
J'ai déjà raconté cette anecdote concernant Ben Miloud et Georges Lapassade qui enquêtait alors sur le poète du Malhune d'Essaouira, Mohamed Ben Sghir: Un jour, au tout début des années 1980, le proviseur du lycée m'invita à une réunion prévue vers 16 heures à la Chambre du commerce, entre Georges Lapassade, et les connaisseurs du Malhoun de la ville. La réunion était provoquée par Georges qui enquêtait alors sur Ben Sghir, le chantre du malhoun souiri. A l'origine de cette enquête, un article où Hachmaoui et Lakhdar, résumaient la qasida de Lafjar (l'aube) de Ben Sghir sans donner le texte. Après cette réunion à la chambre du commerce, Georges m'embarqua dans l'enquête sur les traditions musicales d'Essaouira et de la région qu'il menait à l'issue du festival d'Essaouira (1981). Une fois à Paris il me faxa ce qui suit à propos de l'article controversé sur le malhoun :
« Ce qui choquait mon esprit de cartésien, y écrivait-il, c'est que nous avons découvert que le cahier d'un certain Saddiki (grand'père du prof. d'histoire du même nom) qu'il avait exposé au Musée et « commenté » était daté en réalité de 1920, et non de 1870 comme ils prétendaient, tirant argument de cela et du contenu du cahier, pour inventer une sorte de pléiade poétique souirie qui aurait eu pour mécène vers 1870, à Essaouira, Moulay Abderrahman ! C'est cela que je contestais beaucoup plus que l'origine souirie de B.Sghir. En effet, ce cahier contenait des qasida diverses, recueillies (peut-être) par le grand'père Saddiki au cours de ses voyages à Marrakech qui du coup devenait souiri ! Etant donné l'impossibilité d'avancer à Essaouira, j'ai fini par me décider d'aller consulter à Marrakech Maître Chlyeh, animateur d'une sorte d'Académie du malhoun. Il m'a fort bien reçu, bien informé et je crois (sans en être sûr) que la version de Lafjar que j'ai ensuite diffusé à Essaouira venait de lui »
Toute la démarche de l'enquête ethnographique de Georges Lapassade réside dans ce texte : alors qu'il demandait des informations sur Ben Sghir, au bazariste Ben Miloud, celui-ci était assis sur un vieux coffre qui contenait plein de qasida, dont celles de Ben Sghir ! C'est pour contourner cette rétention d'informations, ces réticences locales qu'il se voyait obligé de se rendre à Marrakech pour obtenir la fameuse qasida de Lafjar (l'aube) ! L'enquête pourrait durer des années, chaque été il revenait à la charge avec son obsession de chercheur et son doute cartésien pour reposer encore et toujours l'énigme Ben Sghir.



Ben Miloud dont le bazar se trouve au coeur de la Kasbah, réside à la fameuse impasse de Derb Adouar, qu'évoquait le "Rzoun", le chant de la ville et où habitait l'artiste peintre Regraguia BENHILA et le luthiste "Tik-Tik" qui a été parmi les figurant du tournage d'Othello par Orsen Welles en 1949. Au début des années cinquante, le souvenir était encore vivace du tournage d'Othello par Orson Welles à Mogador. Le soir on le voyait souvent méditer sur la grande place du syndicat d'initiative. Dans le film, on reconnaît surtout « Tik-Tik » avec son luth au pied des remparts de la Scala de la mer. « Tik-Tik » est mort récemment en ivrogne à la vieille impasse d'Adouar qu'évoque en ces termes le rzoun, vieux chant de la ville :
Ô toi qui s'en vas vers Adouar
Emporte avec toi le Nouar
La rime est un jeu de mot entre « Adouar » (le nom de la sombre impasse supposée cacher les belles filles de la ville) et le « Nouar » (le bouquet de géranium et de basilic). Mon père me racontait qu'un jour Orson Welles se présenta à son atelier alors qu'il était en train de terminer une magnifique table en bois d'arar, décoré de dessins géométriques complexes et de rinceaux d'inspiration andalouse. Quand mon père dit à Orson Welles le prix de la table en question, le cinéaste américain en fut offusqué :

- À ce prix-là, lui dit-il, je briserais cette table sur ma tête plutôt que de la vendre !




Dans mes souvenirs d'enfance, lorsque j'accompagnais mon père à la coopérative des marqueteurs, c'était toujours le père du sculpteur Allam, qui l'accueillait pour scier ses madriers de thuya sous les arcades et les bananiers. La coopérative est située au noyau primitif de la ville, là où résidaient les amines (contrôleurs) de la douane : à son entrée, on pouvait encore voir, il y a quelques années, les mangeoires où les amines du port attachaient leurs chevaux au retour de la porte de la marine, par où transitaient les marchandises de la terre à la mer et de la mer à la terre.


Une des dernières traces du travail de mon père

Et maintenant le fils d’Allam me soumet une fiche technique sur mon père du temps du Protectorat. Cette fiche artisanale est établie par le directeur français de la coopérative le 15 juin 1951. Mon père avait alors 41 ans, ce qui veut dire qu’il était né, non pas en 1912, comme nous croyons jusqu’ici, mais en 1910. Il serait rentré à la corporation en 1920, à l’âge de 10 ans.Mon père fut d’abord apprenti, puis compagnon, avant de devenir lui-même maître artisan en 1936 avec son propre atelier — 24 m² . Il y disposait d’une caisse à gabaris (les Bratels) qu’il ressortait à l’occasion ; ce sont ses aides – mémoires techniques en quelque sorte.





Affiche réalisée par Hussein Miloudi, pour le prix Tahar Mana du meilleurs produit en bois de thuya 2008, organisé à Essaouira, par le Sécrétariat d'Etat auprès du Ministère du tourisme et de l'artisanat. La remise des prix eut lieu dans la salle des fêtes au siège de la province d'Essaouira. On remit aussi le prix Nessim Loeub, pour le meilleur bijoutier de Mogador.




Les encouragement materiels et moreaux, le prestige dont jouissait maâlam Tahar, faisaient de lui un artiste. Sachant que son travail était apprécié à sa juste valeur il le faisait avec patience et amour. Il travaillait même la nuit, non pas comme aujourd’hui sous la pression du besoin, mais afin de retrouver l’isolement propice à l’inspiration. Il était, disait-il, à la recherche de sa Gana, l’état où l’esprit est possesseur de toutes ses facultés.Perfectionniste il l’était pour mériter de plein droit le titre de maâlam (maître) dont on l’affublait. Pour lui, la beauté n’était rien d’autre que l’équilibre parfait. Il s’opposait à l’artisan de la campagne qui n’était pas comme lui à la recherche de la finesse des formes, mais à celle de sa gourmandise et de sa vitalité naturelle.







Quand je me rendais, enfant, à l’atelier de mon père, j’étais surtout fasciné par l’odeur des bois que décrit avec minutie cette fiche artisanale de 1951 : il avait 40 kg de loupe (racine de thuya) à 15 fr.le kg, 30 madriers de bois de thuya, à 150 F le madrier, trois morceaux de 5 kg de citronnier en provenance de Chichaoua, cinq rondins d’ébène (Taddoute) à 200 F le rondin, 1 litre venant du pays haha ; 40 boites de colle forte, et 2 litres d’alcool.

Telle est la matière première avec laquelle travaillait mon père. La fiche artisanale établie par Mr.Bouyou directeur de la coopérative des marqueteurs alors, précise aussi son outillage — avec la mention « insuffisant » : 4 établis, 2 varlopes, 4 marteaux, 4 ciseaux, 2 tenailles, 3 rabots, 3 serre-joints, 1 drille, 3 scies, 2 rabots à dents.

À partir de 1938 mon père était considéré comme maâlam (maître artisan), puisqu’il avait pour exécuter ses créations un « sanaâ » (compagnon) et un apprenti « matâllam » : son salaire hebdomadaire passait de 20 F en 1938 à 500 F en 1951. La fiche artisanale mentionne que le loyer de son atelier était de 210 F le trimestre et qu’il payait annuellement une patente de 570 F.






Louzani, l’entraîneur national souiri né en 1942, me dit aujourd’hui que pour évaluer le véritable revenu de ton père alors, il faut savoir qu’au début des années 1950 le prix d’un kilo de mouton valait un dirham, et la consommation du poisson était quasiment gratuite pour les habitants de la ville. Mon père pouvait alors non seulement prendre en charge ses enfants — en 1951, notre aîné Abdelhamid venait de naître, et nous autres ses frères et sœurs nous n’étions pas encore de ce monde — mais aussi ceux de son demi-frère aîné Omar le poissonnier coléreux. Dans les ruelles étroites de la ville, on pouvait alors entendre les enfants chanter :


S’il n’y a pas de koumira ? Al- sardila !
S’il n’y a pas de sardila ? Al-koumira !





Autrement dit ; s’il n’y a pas de koumira,(baguette de pain), il y aura toujours la sardila (sardine), et vise versa.


Et certains soirs d’hiver, quand il rentrait à la maison sans le sou, mon père nous regroupait, nous, ses enfants, autour de lui, et nous conviait à lire en sa compagnie la Naçiria où le maître de Tamgroute incitait, les Marocains à résister à l’envahisseur portugais :




Faibles, nous sommes, mais par la grâce de Dieu, nous serons innombrables et puissants




Je me souviens d’une journée noire des années 1970, où l’on m’apprit que la police avait conduit mon père au commissariat pour le contraindre à payer ses impôts. Heureusement qu’on finit par le relâcher en fin de journée : c’est la seule fois de toute sa vie où il eut affaire au Makhzen. Omar son demi-frère, était aussi allergique au Makhzen. On raconte qu’il s’était installé un jour à Souk –Jdid en plein centre-ville, en désignant aux passants la notice d’impôt qu’il venait de recevoir :




- Ayez pitié, disait-il du Makhzen ; donnez-lui un peu de cet argent qu’il me réclame : ce n’est pas moi qui mendie, mais le Makhzen !

Les Marocains ont toujours été réticents à payer l’impôt au pouvoir central : on ne voyait pas en quoi cela était justifié. La fameuse coupure entre le pays du Makhzen et le pays de la Siba (l’anarchie), était due aux jacqueries paysannes contre le tertib, cet impôt que le Makhzen prélevait sur le bétail et les moissons sans offrir quoi que ce soit en contrepartie à part ses expéditions punitives et ses petits despotes de caïds qu’il désignait à la tête des tribus.






L’intérêt des artisans était lié à la bonne réputation de leur marchandise, d’où la nécessité d’une réglementation décidée plutôt par le corps de métier, qu’imposée de l’extérieur. Entouré de deux conseillés, l’AMINE intervenait selon la coutume pour résoudre trois sortes de conflits :

-Le conflit entre les artisans (un artisan n’avait pas le droit de séduire par l’attrait du gain, les compagnons de ses confrères, bénéficiant ainsi d’une formation à laquelle il n’avait nullement contribué).

- Entre artisans et bazaristes (la contrefaçon de modèles était prohibée si bien que chaque atlier se distinguait par la nature de ses ouvrages).

- Entre artisans et clients (chaque artisan avait son garant : son ex-maître, au cas où il n’honorait pas un contrat).


Maintenant, la relève est assurée par des artistes-artisans, tel maâlem Hayat, Jazzman des Hamadcha et des Gnaoua. Ou encore des peintres-sculpteurs tel Saïd Ouarzaz:




L'atelier Bungal où travaillait mon père dans les années 1930, renaît à nouveau de ses cendre après s'être transformé un certain temps, en café à billards.



Le témoignage de maâlem Mtirek sur le samaâ judéo - musulman d'Essaouira

Aujourd'hui, le mercredi 13 janvier 2010, vers la mi-journée (journée brumeuse mais lumineuse) alors que je prenais un thé à la menthe à la terrasse du café Bachir qui donne sur la mer, je vois venir sur une chaise roulante, maâlem Mtirek, ami à mon père. Il est presque centenaire maintenant, mais sa mémoire reste vivace. Il se souvient de la veillée funèbre du 13 janvier 2003, organisée à la Zaouia de Moulay Abdelkader Jilali pour le quarantième jour du décès de mon père : « C'est là, me dit-il, qu'est enterré maâlem Mad, le maître artisan de ton père. Après avoir accompli son apprentissage auprès de lui, ton père était venu travailler chez Bungal dans les années 1930. Mon établi ( manjra), le sien et celui de Ba Antar étaient mitoyens. Un jour, je me suis mis à déclamer des mawal (oratorios) . Une fois apaisé de mon extase, ton père qui écoutait à l'entrée de l'atelier est venu vers moi pour me dire sur le ton de la plaisanterie :
- Maâlem ! Laisse les gens travailler au lieu de les extasier par ton mawal ! le chantier s'est arrêté à cause de tes mawal !
C'est ce mawal que je déclamais alors sur le mode de la Sika andalouse :
Ya Mawlay koun li wahdi,Li annani laka wahdaka
Wa biqalbika îndi,Min Jamâlikoum
la yandourou illa siwaakoum
Seigneur, soit pour moi tout seul
Parce que c'est à toi seul que je me suis dévoué !
Et mon cœur n'a plus de regards que pour ta splendeur !
A l'époque , poursuit maâlem Mtirek, tout le monde était mordu de mawal à Essaouira : le vendredi on allait animer des séances de samaâ, d'une zaouia, l'autre : la kettaniya, la darkaouiya, celle des Ghazaoua et celle de Moulay Abdelkader Jilali. Les Aïssaoua et les Hamadcha faisaient de même avec leur dhikr et leur hadhra à base de hautbois et d'instruments de percussion. On allait aussi chez les Gnaoua dont la zaouia était dirigée par El Kabrane (le caporal), un ancien militaire noir, qui parlait sénégalais et qui gardait l'hôpital du temps du docteur Bouvret. C'était un type très physique qui servait en même temps de videur lors des lila des Gnaoua : si quelqu'un sentait l'alcool en arrivant à la zaouia de Sidna Boulal ; il le prenait à bras le corps comme un simple poulet et le jetait au loin, hors de l'enceinte sacrée. Les gens étaient véritablement « Ahl Allah » (des hommes ivres de Dieu). Nous avions notre propre orchestre de la musique andalouse, dont faisait partie Si Boujamaâ Aït Chelh, El Mahi, El Mamoune et un barbier . Les juifs avaient leur propre orchestre de musique andalouse: Chez eux un dénommé Solika faisait office de joueur de trier, il y avait aussi un rabbin qui jouait de la kamanja et un autre du luth. On allait aussi écouter les mawal chez la communauté israélite de la ville. Une fois alors que j'étais au mellah, au vestibule d'une maison juive où se déroulait un mariage, je me suis mis à déclamer un mawal à haute vois - j'avais alors une voix très forte qui porte au loin - et tout le monde s'est mis à courir dans tous les sens en disant : « Venez écouter cette belle voix d'un musulman ! ». A l'époque il y avait un tailleur parmi les musulmans dont j'ai oublié le nom, qui avait une voix tellement attendrissante, qu'elle paralysait quiconque venait à l'entendre. »



L'apparition de la galerie Frederic Damgaard, au début des années 1980, a favorisé, l'éclosion de nouveaux talents qui font éclater les formes traditionnelles de l'esthétique, tout en s'en inspirant comme on le voit dans ce tableau.



L’apparition du BAZARISTE, intermédiaire nécessaire à l’artisan en période de crise et en saison morte, est la cause indirecte de la dispartion du système corporatif.Sa main mise sur le circuit commercial et sa concurrence déloyale sont générateurs de déséquilibres rendant caduque la discipline corporative. Pour survivre l’artisan est contraint de prendre des « avances » auprès du bazariste, alors que le produit n’est pas encore fini, et donc de le vendre à vil prix, puisqu’il ne peut pas attendre l’arrivée du client potentiel. En effet, avec la crise et le tarissement de la clientèle touristique nombre d’artisans ont été contraints, durant les années 1930, de subir la tutelle des bazaristes. Pour la première fois, ils furent assemblés par dizaine, pour produire dans une même manufacture, celle de Bungal. Ce « bailleur de fonds » (chkâ’yrî), prenait les commandes auprès des européens et les faisait exécuter par les artisans réunis dans sa manufacture. C’est ainsi qu’il fit éxécuter à mon père une scala miniature, qui fut exposée des années durant au syndicat d’initiative, avant de finir en morceaux, aux fourrières de la ville.




Le numéro 11 : l'atelier de mon père, juste en face de l'ancien cinéma Scala
ex-consulat d'Allamagne au 19 ème siècle






Mais, dés que la crise cessa, cette manufacture s’évanouit aussi promptement qu’elle était apparue, et chaque artisan retrouva son autonomie. Ainsi, si le bazariste peut contrôler durablement le circuit commercial, il ne peut en faire autant pour la production, puisque l’artisan tend à être soudé à ses moyens de production comme l’escargot à sa coquille. Lorsque l’artisan vendait lui-même son propre ouvrage, il savait que sa réputation tenait à la qualité de ce qu’il produisait. Mais lorsqu’il fut obligé de passer par le bazariste, sa créativité s’émoussa, car ce dernier pouvait transmettre son modèle à d’autres artisans qui alors en faisaient des contre-façons. Par ailleurs la transmission intergénérationnelle du savoir artisanal devient de plus en plus défaillante : la pression des besoins fait que l’appreti se détache le plutôt possible de son maître alors qu’il n’a pas encore accompli tout le cycle d’apprentissage. C’est ainsi qu’on trouve actuellement des ateliers qui produisent exclusivement un seul article. Le jeune artisan complètement dépendant du bazariste est souvent condamné à vivre dans la marginalité et le célibat, comme le vieil artisan est condamné à mourir sur son outil de travail, à moin que sa descendance ne lui assure sa retraite.






L'intérieur de l'atelier de mon père: au 18 ème siècle ,ces ateliers servaient aux canoniers (tabjia) à y entreposer leurs boulets et canonsEn face de chaque atelier, existait un anneau de fer où on attachait les chevaux qui tiraient ces canons en haut de la rampe de la Scala de la mer.

Les corporations d’artisans constituait une très forte communauté unie dans le travail, la fête et, plus encore, l’épreuve. Ces membres se retouvaient dans le cadre de confréries religieuses et cette communion spirituelle renforçait la cohésion professionnelle. Pour leurs loisirs ils organisaient des Nzaha, sorte de piques – niques rituels, à l’ombre des mimosas de Diabet, aux environs immédiats d’Essaouira. C’est dire que la société traditionnelle maintenait l’équilibre entre les lieux du Maâkoul (honnêteté, sérieux) qu’étaient l’Atelier et la Mosquée et les lieux du Mzah (ludique), qu’était par exemple à Essaouira, Derb Laâzara (le quartier des célibataires). Avant l’avènement des moyens de transport moderne, ils se tenaient campagnie pour se rendre à Marrakech, souvent leur ville d’origine, comme le montre cette qasida du malhun de Ben Sghir intitulée « Bent el Ârâar » (la sculpture de thuya).



Abdelkader MANA


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Re: L'Art du Araar thuya

Message  ibrahim le Ven 26 Fév - 11:34

Re: L'Art du Arar (thuya)

Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:44



Un coffre avec clef




Re: L'Art du Arar (thuya)



tassila le Lun 1 Fév - 19:43

travail super de notre grand maalmya chapeau




tassila



Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:42



Pour papier de Bureau



Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:40



Pour stylo ou crayon



Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:38



Super Lampe







Re: L'Art du Arar (thuya)



Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:36





Plateaux differentes formes







Re: L'Art du Arar (thuya)



Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:33





Une Boite pour cartes
un cendrier







Re: L'Art du Arar (thuya)



Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:30



Un travail SUPER



Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:28







Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 18:46





Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 18:45





Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 18:44

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Re: L'Art du Araar thuya

Message  ibrahim le Ven 26 Fév - 11:29

Re: L'Art du Arar (thuya)

ch'rif le Mer 3 Fév - 16:05










Re: L'Art du Arar (thuya)



Bouhadana David le Mar 2 Fév - 15:33

Si Hamid

c'est fort possible car les photos que j'ai fait c'etait en face le café de france (ancien garage)
tu connais biensur







Re: L'Art du Arar (thuya)



hamid kaabour le Mar 2 Fév - 15:24

Si David ..le monsieur maalalame c est peut être elhaj Mana ...allah irahmo qui a fait des chefs d arts ils ont organise un hommage à la province d Essaouira pour lui et Nessim loob ....



Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Mar 2 Fév - 12:19









Re: L'Art du Arar (thuya)



Bouhadana David le Mar 2 Fév - 12:18





Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Mar 2 Fév - 12:17









Re: L'Art du Arar (thuya)



Bouhadana David le Mar 2 Fév - 10:27

Si hamid

tu sais bien que j'adore ma ville, que j'ai beaucoup de souvenirs
je me rappel d'un vieux monsieur en bas de chez moi ds la rue de la scala (les annees 60) il as fait des boites super
c'est des souvenirs incroyables
c'est un peu en souvenir de ces gens la, que j'essai de mettre mes photos et se souvenirs un peu du bon temps """"""""""yahasra""""""







Re: L'Art du Arar (thuya)



hamid kaabour le Lun 1 Fév - 23:10

c' est excellent si David , très bonne idée ....



Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 20:52



Un jeu de solitaire



Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 20:51








Un coeur
Un Briqué
Un plumier................................c'est beau!!!!!!







Re: L'Art du Arar (thuya)



tassila le Lun 1 Fév - 19:54

oui c'est un travail très bien fait par ces artistes tbaraklah 3lihoume

tassila



Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:50









Re: L'Art du Arar (thuya)



Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:49



Cette table ressemble a une tarte



Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:47



Pour mouchoirs en papiers



e: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 1 Fév - 19:45

Tassila

oui c'est un travail EXTRA des maitres en bois
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Re: L'Art du Araar thuya

Message  ibrahim le Ven 26 Fév - 11:24

Une table de presque 40 ans

ibrahim le Dim 21 Fév - 14:48



Une table comme cadeau de mariage
c'est un ancien style foçonné

par des Maallems Allah irhamhoum

mais elle est bien entretenue
avec ses cendriers



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table plaquée par la racine de thuya ,bois d 'ébène noir et bois j aune de citron ,diamètre 1m



hamid kaabour le Dim 21 Fév - 7:53









placage par bois du thuya et sa racine ......1m40/2m....



hamid kaabour le Dim 21 Fév - 7:47









Thanks ...



brahim khamsi le Dim 21 Fév - 7:20


Bonjour Si Ibrahim,
Franchement ca m'a fais grand plaisir de revoire la piece ... elle dois avoire maintenant 23 ans. je n'imagine pas que tu l'as encore .beau souvenir, .... souvenir de beaux moments.
encore Merci.




Aujoud'hui je présente à tous une oeuvre

de notre ami Brahim Khamsi
lorsque il était en stage avec
les maallems souiris
c'est une piéce unique
façonnée de la main d'un stagiaire comme
notre doué Brahim Khamsi


j'éspère quelle lui fera plaisir
et à suivre encore pour d'autres pièces


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Amicalement, brahim khamsi



Le plateau de Sedik Seddiki




ibrahim le Dim 21 Fév - 1:39


Un plateau datant de 1981 de la main
de notre Artiste et Artisan feu
Sedik Seddiki
Allah irahmou


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Le chat d'Essouira



ibrahim le Dim 21 Fév - 1:27


Le chat d'Essouira
est aussi à l'honneur par

les Artistes artisans



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Le ballon de Foot Americain




ibrahim le Dim 21 Fév - 1:21




L'imagination de l'Artiste Souiri

dépasse les fronières
pour nous faire découvrir
le Ballon de foot
Américain




Ballon pour les séniors


ballon pour les juniors


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Le Haik



ibrahim le Dim 21 Fév - 1:07


Nos Artisans ne laisse
rien au hasard leur imagination
est toujours présente
pour honnorer notre
HAIK



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Le poisson Frais en odeur de Araar




ibrahim le Dim 21 Fév - 0:54


Nos Artisans inovent de jour en jour

la magie de Mogador embaume ceux
d'Essouira qui réspirent ce
parfun de Araar dans
toute son odeur
</STRONG>



Dernière édition par ibrahim le Dim 21 Fév - 1:09, édité 1 fois
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Re: L'Art du Arar (thuya)




ch'rif le Sam 20 Fév - 22:15

sur cette photo feu maalam boumazough,beau pére deseddik saddiki.





Le couple




ibrahim le Sam 20 Fév - 20:38


Une autre pièce unique de feu
Seddik Seddiki
baptisée par notre Artiste Artisan Allah Irahmou
LE COUPLE



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Stage bénifique sur Araar tuiya




ibrahim le Sam 20 Fév - 20:04



Aujoud'hui je présente à tous une oeuvre

de notre ami Brahim Khamsi
lorsque il était en stage avec
les maallems souiris
c'est une piéce unique
façonnée de la main d'un stagiaire comme
notre doué Brahim Khamsi


j'éspère quelle lui fera plaisir
et à suivre encore pour d'autres pièces


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Re: L'Art du Arar (thuya)




Bouhadana David le Lun 8 Fév - 19:35





une table tres belle de notre ami Mohamed Skali
elle est de longue date
j'espere que ca sera lui meme qui en parlera



Re: L'Art du Arar (thuya)




hamid kaabour le Dim 7 Fév - 23:28

oui, c 'est lamaalame sallam amguine avec Iliasse à cote ....



Re: L'Art du Arar (thuya)




ch'rif le Dim 7 Fév - 20:14



  • maalam salam amseghine.


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Re: L'Art du Araar thuya

Message  ibrahim le Ven 26 Fév - 11:16

Re: L'Art du Arar (thuya)

Bouhadana David le Lun 1 Fév - 18:44

Rappel du premier message :






chambre plaquée en Araar Jdar



ibrahim le Lun 22 Fév - 16:52




Une autre chambre en Araar
plaquée seulement en Jdar


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échantillons pour Salons Marocains en Araar



ibrahim le Lun 22 Fév - 16:26


Voici quelques échantillons pour des
Séddaris en Araar le choix est multiple
selon les gouts , fin ou chargé

s'adaptant au moderne et au traditionel





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Re: L'Art du Arar (thuya)



Bouhadana David le Lun 22 Fév - 16:09

Mon cher Ibrahim

c'est des heures de travail, avec amour du bled
merci a toi de nous montrer tous ca
david







Un DERBOUZ made in Souirah



ibrahim le Lun 22 Fév - 16:05


Décorations ,objets utiles, meubles
la ou la main de de notre artisan passe

laisse sa trace de créativité
et de son Art



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La chambre à coucher en Araar



ibrahim le Lun 22 Fév - 15:55


Une chambre à coucher made in Souirah
les artisans et artistes souiris

sont toujours à jour
se sont des créateurs
dans le domaine du
THUYA



Dernière édition par ibrahim le Lun 22 Fév - 16:08, édité 1 fois
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Notre ville est vraiment ALAOUITE



ibrahim le Lun 22 Fév - 15:41


Notre ville Mogador /Essouira est vraiment
ALAOUITE
nos Artistes et Artisans honnorent sa

DYNASTIE
la preuve est devant vous



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Re: L'Art du Arar (thuya)



hamid kaabour le Lun 22 Fév - 7:54









Re: L'Art du Arar (thuya)



Bouhadana David le Dim 21 Fév - 19:13



Un Mealem du bled
ami de longue date







Les petits ojets



ibrahim le Dim 21 Fév - 16:43


Les petits objets pour les
petits et grands ne sont pas
oubliés par nos
Artistes Artisans
un grand choix
est proposé







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Re: L'Art du Arar (thuya)




ch'rif le Dim 21 Fév - 16:28

mkiba collection musée sidimohamed ben abdellah.





Plateau 2000




ibrahim le Dim 21 Fév - 16:17


Plateau de l'An 2000
zyak bellim



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plateau des années soixante dix



ibrahim le Dim 21 Fév - 16:07


Un plateau des années soixante dix
façonné par Maallem drai

Jdar ou Sdaf



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Nouveau genre de Cendrier



ibrahim le Dim 21 Fév - 15:35


Nouveau genre de cendrier
à pieds fixes
2005





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Une caisse de 35 ans



ibrahim le Dim 21 Fév - 15:25


Cette caisse date de 35 ans
acheté chez si Hamid ould si Jilali
Allah irahmou
comme on remarque , les souiris
la ou ils vont emportent avec eux
les odeurs de leur ville



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Cendrier de la Table de 40 ans



ibrahim le Dim 21 Fév - 15:12


Voici le genre de cendrier

de cette table de 40 ans




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Re: L'Art du Araar thuya

Message  ibrahim le Ven 26 Fév - 11:09

Le Thuya et Araar en coquillage



ibrahim le Mar 23 Fév - 0:05


Le bois du Thuya et Araar transoformé
en objets d'Art par des vrais artistes artisans

admirons tout d'abord ce lit
superbe et magnifique







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Des objets en thuya mises en veleur un vrai coquillage



ibrahim le Lun 22 Fév - 23:27



Voici un deuxième coquillage d'objets en thuya
création et imagination d'artistes et artisans
qui ont su mettre en valeur les articles

dont un superbe lit
afin d'emerveiller nos visiteurs


]






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Le coquillage des belles choses



ibrahim le Lun 22 Fév - 22:51


Je vous présente un premier coquillage
d'articles façonnés par les minitieuses mains
de nos artistes artisans
de Mogador/Essouira

]


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Re: L'Art du Araar thuya

Message  ibrahim le Ven 26 Fév - 11:07

Artisant à Essouira



ibrahim Hier à 21:46

Artisanat à Essaouira




Un article de Nature et Culture en Hautes-Terres.

L'artisanat d'Essaouira jouit d'une réputation flatteuse, notamment le travail du bois de thuya. Essaouira, atelier à ciel ouvert des métiers de l'artisanat. Autant de pratiques artisanales qui reflètent à la fois la richesse des arts et métiers dans la ville et la diversité de ses populations. Comment pourrait-on parler d'Essaouira sans évoquer son artisanat ? En effet, aller à la rencontre des artisans est devenue une chose inévitable quand on sillonne les rues et les ruelles d'Essaouira. Pourtant cet état de fait n'existait pas jusqu'au début du XXè siècle où seul le commerce était prépondérant : entre 5 et 6 % seulement de la main d'œuvre était employée dans l'artisanat. La ville héberge, dit-on, parmi les artisans marocains les plus talentueux. Marqueterie, tissages, huile d'argan,...

L'artisanat de bijouterie à Essaouira fût de tout temps prospère grâce aux anciens artisans juifs qui lui ont donné ses titres de noblesse : qui n'a entendu parler du célèbre « Dag Souiri » et de « la rose de Mogador » motifs de décoration propres à la Cité des Alisés?

Les artisans du bois excellent dans les travaux d'ébénisterie, de marqueterie et d'incrustation. De génération en génération, ils ont su exploiter l'aspect esthétique remarquable du bois de thuya pour fabriquer des articles uniques. Plusieurs spécialités, comme l'incrustation, la marqueterie et le chantournage, sont représentées à Essaouira. La marqueterie elle même n'a vu son rôle s'entendre qu'avec l'avènement du XXe siècle. Elle a même connu une évolution très significative, muant ainsi d'un artisanat utilitaire à un artisanat d'art. Les artisans du bois excellent dans les travaux d'ébénisterie de marqueterie et d'incrustation, ont su exploiter de génération en génération, l'aspect esthétique remarquable du bois de thuya incrusté d'autres essences telle que le citronnier, l'ébène, la nacre, les fils de cuivre et d'argent, les éclats d'os de chameau, pierres, métaux, écailles et marbre, et qui vont du simple porte-clés à l'armoire ou au bureau, en passant par les magnifiques tables rondes et les tabourets. Aujourd'hui, seule la marqueterie sur bois du thuya, cette essence rare et précieuse, a véritablement un impact palpable sur l'emploi. Les bijoutiers, quant à eux, travaillent des articles en or et en argent renommés pour leur originalité et leur finesse. Venus tant du pays Haha que du Souss et Fès, ces derniers ont apporté des techniques de fabrication, des formes et des décors issus d'une très vieille tradition, à savoir la fibule du pays Haha. Les techniques de base sont le filigrane, le niellé, le ciselé et le gravé. Les formes de bijoux empruntent également au mode de vie rural ainsi qu'aux figures hermétiques de la magie de certains bijoux, des amulettes et des talismans. Les autres activités artisanales, bien que modestes, produisent pourtant des chefs-d'œuvre qui ont été consacrés dans plusieurs salons et foires nationales et internationales. Ces activités sont essentiellement : le tissage, la calligraphie, le raphia, le cuir, la maroquinerie, le fer forgé, les lampes en peau décorée de henné et les instruments de musique tels « Djembés » et «Guembri».

La spécialité de la région, c’est l’huile d’argan. L’arbre qui porte les fruits dont on tire l’huile, l’arganier, ne pousse nulle part ailleurs. En cuisine, l’huile d’argan donnera un léger goût de noisette à vos plats. En cosmétique, ses vertus anti-vieillissement et hydratantes ne sont plus à prouver. La production est gérée par des coopératives féminines. Cette huile contribue à l’amélioration des conditions de vie des femmes en milieu rural.


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Re: L'Art du Arar (thuya)



Bouhadana David Hier à 11:38



Histoire du thuya
Arrar du pays







Re: L'Art du Arar (thuya)



hamid kaabour Hier à 9:34

La menuiserie de "araar" a Essaouira est très améliorée et modernisée ,elle connait une grande progression ,n'est plus limitée dans les objets simples comme tables et les boites ....les pieces de si Ibrahime prouvent ça et montrent que le menuisier souiris est devenu un grand "artiste " par son imagination et transfomation d 'un bloc 'en araar" en une pièce de valeur pour décoration au lieu aux objets d' utilisation ...



La barque




ibrahim le Mar 23 Fév - 23:36


Nos amis les artistes artisans
n'ont pas oubliés leur amis les marins



_________________
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Boite à bijoux



ibrahim le Mar 23 Fév - 23:32



Une boite à bijoux
entièrement en Jder avec miroir
et compartiments adéquates


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Re: L'Art du Arar (thuya)



ibrahim le Mar 23 Fév - 23:21

Une boite à mouchoires


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Re: L'Art du Arar (thuya)



ould sidi ali ben abdalla le Mar 23 Fév - 19:57






CES OEUVRES SONT FAIT AVEC DU TUHYA APORTER D'ESSAOUIRA ET REALISE PAR MES SOINS EN FRANCE.
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L'Art du Araar thuya

Message  ibrahim le Ven 26 Fév - 11:02

l'Avenir de l'artiste artisan et sa dignité



ibrahim Aujourd'hui à 15:17


L’Avenir de notre Artiste Artisan

Notre artiste artisan accomplit son devoir
Comme il se doit, donc protégeons lui ses droit
Pour qu’il puisse vivre dans la dignité

Après un tour d’horizon, de ces toutes belles choses que nous avons exposées sur ces pages par leur qualité leur beauté dont je remercie toute l’équipe qui a participé à cette étalage magnifique et créatif de nos artisans.

Une chose est sur, c’est qu’ils participent directement ou indirectement à l’essor économique de leur ville ; par leur savoir faire, par leur travail assidu et avec abnégation ils ont su donner un nouveau souffle à ce métier de simples marqueteurs à de vrais artistes et ont honorés leur ville et leur pays au-delà des frontières.

Si nous faisons un tour à travers Essaouira, nous constatons que les commerçants des produits provenant de ces artisans, poussent comme des champignons même dans des quartiers les plus dépourvus. Comme disait l’anecdote de chez nous entre un commerce de Araar il ya un autre commerce de Araar.Aux yeux de tous si se n’est pas de la plupart de ces commerçants c’est un commerce prospère et qui rapporte à ceux qui l’exercent.
Hélas si on revient à la réalité des choses on dévoile une chose c’est l’arbre qui cache la foret, Hé oui la vérité est amère à dire, mais c’est ainsi car nos vaillants artistes artisans sont à la merci des commerçants si ce n’est pas de l’exploitation pure et simple.
Je ne suis pas un artiste artisan, je ne suis pas leur délégué comme je ne suis pas leur avocat mais je lance un appel à travers cet écrit à toutes les composantes de la ville et aux hautes instances de l’artisanat au Maroc de venir en aide à ces pauvres ou plutot à ses misérables artisans, de les écouter pour savoir les problèmes qui vivent avec les commerçants au quotidien afin de leur assurer un avenir meilleur.
Je parle sur ces pages en connaissance de cause car j’ai assisté à des scènes
Entre artisans et commerçants qui font pitié et couler des larmes, c’est de la que j’ai dis les artisans sont à la merci des commerçants et ils les exploitent comme ils leur semblent.
Je vous cite un seul petit exemple parmi des milliers qui se produisent et se répètent à longueur d'années.
Notre artisan se présente avec son petit couffin pleine de belles choses, un travail de toute une semaine ; il étale ses produits devant le commerçant, ce dernier lui lance un prix dérisoire selon mon estimation le un dixième de leur valeur réelle, notre pauvre ou plutôt notre misérable artisan ramasse
Ses objets en baissant sa tète en se faufilant à travers les rues et ruelles de la ville pour chercher un autre acquéreur. En toute conscience je lance un regard pitoyable à l’artisan tout en interceptant mon ami le commerçant en lui disant « hchouma aalik »,
C’est honteux de ta part de traiter l’artisan de cette façon, vous savez ce qui m’a répondu : « laisse le il va revenir car il ne trouvera pas d’acquéreurs »
Donc c’est vrais que nos artistes artisans sont à la merci des commerçants, malgré les multiples tentatives de création de coopératives (puisque la mafia des commerçants et plus forte) le sort de nos artistes artisans reste suspendu entre le ciel et la terre.
Notre artiste artisan ne veut pas et ne cherche pas à s’enrichir plus que le commerçant mais veut simplement vivre de son mérite, des ses efforts déployés pour l’amélioration de la qualité, de sa créativité et vivre dans la dignité.

à bons entendeurs salut

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Avec Mes Amitiés
Ibrahim


Re: L'Art du Arar (thuya)


ibrahim Aujourd'hui à 14:51

Vous trouviez ici d'autres objets décoratifs et utlles
fabriqués et façonnés par des hommes qui méritent
notre attention tous , je vous invite
à lire l'écrit qui va suivre
pour bien comprendre le
Message









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Avec Mes Amitiés
Ibrahim







Re: L'Art du Arar (thuya)



ibrahim Aujourd'hui à 14:06

[quote="Hifad"]
<BLOCKQUOTE>ibrahim a écrit:

Décorations ,objets utiles, meubles
la ou la main de de notre artisan passe

laisse sa trace de créativité
et de son Art




C'est très beau à voir mais je pense que le fer ne va pas avec le bois noble du thuya .Si on veut absolument utiliser du métal , ce serait mieux avec de l'argent et de l'or sinon , il vaudra mieux utiliser des arabesques du même bois pour remplir ces espaces au lieu du fer .



</BLOCKQUOTE>
bonjour cher Hifad
comme l'argent ou l'or est intouchable pour mettre en valeur notre Derbouz, il fallait à la place un "Moucharabi"en thuya
mais comme le fer forgé fait partie de l'artisant locale et si on l'éxploite dans ce lieu c'est peut etre pour la sécurité des enfants
car c'est plus solide qu'in "Moucharabi"en Araar

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Avec Mes Amitiés
Ibrahim







Re: L'Art du Arar (thuya)



Hifad Aujourd'hui à 3:10

[quote="ibrahim"]

Décorations ,objets utiles, meubles
la ou la main de de notre artisan passe

laisse sa trace de créativité
et de son Art




C'est très beau à voir mais je pense que le fer ne va pas avec le bois noble du thuya .Si on veut absolument utiliser du métal , ce serait mieux avec de l'argent et de l'or sinon , il vaudra mieux utiliser des arabesques du même bois pour remplir ces espaces au lieu du fer .


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Amazighement,Mohammed Hifad



Visite chez les artisans de thuya




ibrahim Hier à 22:18

Visite chez les maîtres-artisans de thuya


Ils sont donc des centaines de maîtres-artisans à exercer ce métier dans la ville des alizés. Si chacune des villes marocaines se distingue par son artisanat, les produits du bois de thuya ont fait la renommée de cette cité depuis de longues années. Tous les maîtres-artisans, eux, sont concentrés dans l’ancienne médina.
En effet, la marqueterie est une activité économique importante dans la ville, tant au niveau de la main-d’œuvre qu’elle emploie qu’au niveau des chiffres d’affaires réalisés. Les touristes étrangers ainsi que ceux nationaux sont très friands des articles faits en bois de thuya. Cette activité connaît donc une forte demande, notamment durant la période estivale. Et c’est aux rythmes de la musique gnaouie que les «maâlems» travaillent dans leurs échoppes. Chakib, la quarantaine bien consommée, est menuisier depuis plus de vingt ans. Dans sa famille, ce métier est transmis de père en fils. «Mon père et mon oncle étaient tous les deux des maîtres artisans. C’est d’ailleurs eux qui m’ont appris toutes les techniques du métier.

La marqueterie de thuya fait partie intégrante des traditions à Essaouira», explique-t-il. Pour ce dernier, la journée de travail commence tôt dans la matinée et ne se termine qu’à l’approche de la prière du Maghreb. Chaque article fait du bois de thuya est considéré par Chakib comme une pièce d’art. Bien évidemment, la marqueterie demande du savoir-faire, du tact et surtout de la patience car la fabrication de quelques articles seulement peut prendre plusieurs semaines de dur labeur. «Tout est fait à la main. Du découpage jusqu’au montage en passant par le décor des articles. Le bois du thuya est largement utilisé par les artisans. Il provient des environs d’Essaouira et Agadir», explique Lahcen, un jeune menuisier à la médina. Et d’ajouter : «Toutefois, certains menuisiers commencent à utiliser le bois du noyer. L’introduction de matériel sophistiqué a considérablement réduit la durée de la fabrication.
La demande du bois a, de facto, grimpé en flèche, au point qu’on est obligé de chercher du bois d’autres régions plus au moins lointaines, notamment Khémisset et Oujda». L’introduction des machines a donc révolutionné le métier des artisans. Certes, des points positifs ont été introduits à l’activité des artisans mais ces derniers relèvent également quelques aspects négatifs. «Les ateliers équipées de machines modernes inondent le marché local de produits à des prix bas. Ces dernières années, l’offre dépasse de loin la demande. Cette situation a eu pour principale répercussion la baisse des revenus des artisans qui n’ont pas d’autre choix que de baisser les prix.
D’une manière générale, les prix démarrent à 10 DH pour des petits décors et peuvent atteindre jusqu’à 20.000 DH pour de grands meubles faits entièrement en thuya. Les trois mois d’été constituent pour les artisans une haute saison où ils parviennent à écouler une bonne partie de leur production. Le tourisme est un important moteur du secteur, puisque les recettes des produits vendus, notamment dans les souks, permettent à de nombreuses familles de subvenir à leurs besoins. «Les prix varient selon le matériel utilisé. Certains articles sont ornés de coquillages. La fabrication de ce genre de produits nécessite plus de temps. Ils sont donc commercialisés à des prix plus élevés», affirme un artisan. La majorité des maîtres artisans montrent du doigt essentiellement le déséquilibre qui existe entre l’offre qui dépasse de loin la demande. Pour de nombreux vendeurs, le secteur vit une véritable anarchie. Ce qui se répercute négativement sur les artisans. Pour faire face à leurs difficultés, de nombreux artisans se sont constitués en associations. Mais cette option a très vite montré ses limites. «Nous nous sommes retrouvés avec de nombreuses associations. Actuellement, je peux dire que chaque quartier compte une association. Il est certain que tout le monde à le droit de créer une organisation mais »l’action s’est dispersée finalement ».
C’est pour cette raison que les responsables doivent apporter des solutions à notre activité pour assurer sa pérennité», déclare un apprenti. Par ailleurs, les artisans rencontrent des difficultés pour assurer la matière première nécessaire à leur activité. L’exploitation du bois de thuya est devenu très réglementée par les autorités. Ce durcissement a été instauré par la constatation d’un net recul de la superficie du thuya, notamment dans la région d’Essaouira. Cette situation a provoqué un coût supplémentaire pour les menuisiers qui doivent acheter du bois dans d’autres régions. C’est dire que l’activité de la marqueterie, tout comme d’autres activités artisanales, fait face à plusieurs problèmes. Pourtant, le gouvernement avait lancé quelques années auparavant une ambitieuse stratégie pour la mise à niveau du secteur de l’artisanat. Baptisée Vision 2015, cette stratégie se décline en plusieurs axes. En effet, cette stratégie nationale de l’artisanat vise à répondre à un double objectif. D’une part, adopter une politique pour créer suffisamment de nouveaux emplois. D’autre part, illustrer le nouveau rôle de l’administration qui doit passer d’une administration de gestion à une administration de développement.
Le rôle de l’Etat consisterait à choisir les axes de développement et orienter et encadrer les acteurs privés. Cette stratégie de développement du secteur résulte d’une démarche d’analyse poussée qui a nécessité plusieurs mois de travail (chiffres-clés du secteur, recensement de tous les opérateurs existants, diagnostic, plan d’action détaillé, etc.). Elle s’inscrit également dans le cadre du plan Emergence qui a identifié les différentes branches d’activités économiques que le Maroc gagnerait à développer comme locomotives pour l’exportation.
Cependant, les artisans ne savent pas beaucoup de choses sur la Vision 2015. Ainsi, un grand effort de sensibilisation reste faire en leur faveur.

Essence en péril

Avec une superficie dépassant les 600.000 hectares de bois de thuya, le Maroc dispose d’environ 80% des réserves forestières mondiales. La province d’Essaouira abrite, à elle seule, plus de 90.000 hectares de thuya qui se place en seconde position après l’arganier. Les forêts d’Essaouira connaissent une pression énorme ses dernières années et n’arrivent plus à couvrir tous les besoins des artisans de la ville. Quelques années auparavant, il a été procédé à une opération de reboisement de 3.200 plants de thuya. Toutefois, ces arbres ne seront prêts à être exploités que dans des dizaines d’années. De même, les parcelles qui ont bénéficiées des opérations de reboisement ont été affectées par une surexploitation à outrance et des saisons de sécheresses successives qui ont touché la région.

Mise à niveau

Ces dernières années, l’artisanat au Maroc connaît certaines difficultés. La baisse des recettes liée au recul des exportations est attestée. Selon les statistiques disponibles sur le site Internet du secrétariat d’Etat chargé de l’Artisanat, le chiffre d’affaire des exportations de l’artisanat depuis le début de l’année 2007 affiche une baisse de l’ordre de 4% par rapport à fin septembre 2006. Cette baisse s’expliquait selon le secrétariat d’Etat par les résultats négatifs enregistrés au niveau de la plupart des filières de l’artisanat notamment la Poterie, le Tapis, le Fer forgé, la Maroquinerie dont le chiffre d’affaire à l’export a diminué par rapport à la même période de l’exercice précédent. L’analyse par marché importateur montre que les principaux marchés qui ont contribué à la baisse des exportations sont les marchés français (-15% en représentant 72% des baisses globales pendant cette période), allemand (-18%), espagnol (-10%) et USA & Canada (-4%). Les responsables comptent énormément sur la vision 2015 pour la mise à niveau du secteur de l’Artisanat qui tarde toujours à retrouver ses beaux jours.



Par Mohamed Badrane | LE MATIN
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