Mogador-Taghart-Essaouira _ آلصويرة. ثاغارت. موكادور
Navigation
 Portail
 Index
 Membres
 Profil
 FAQ
 Rechercher
Août 2018
LunMarMerJeuVenSamDim
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Calendrier Calendrier

Ma ville
أهواك ! مدينتي أهواك يا مدينتي دون غيرك لأني رئيت آلنوربين ظهرانك أهواك حتى لا أهوى سواك ليرفرف ألقلب والفؤاد لك أنا منك مهما أبعدوني عنك وسيضل ألحنين يشدني إليك لن يرتاح البال حتى أزورك ولن تنام عيني حتى أتفقدك لقد قالوا عنك مدينة ألرياح وأجمعوا لك وإليك كل آلسواح بأنكي قبلتهم وراحتهم فقصدوك كثيرا منهم عمروك وأسكنوك وآخرين تملكوا واستثمروا بك فما مكانتي بين هؤلاء وهؤلاء فلا حول ولا قوة لي إلا صبري لا حيلة لي ألا دمعتي وحزني عليك

Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Galerie


Le Coran/القرآن الكريم

Le bled Horloge et les autres

Aller en bas

Le bled Horloge et les autres

Message  ibrahim le Mer 18 Nov - 5:27

Re: Le bled Horloge et les autres
Hifad Aujourd'hui à 6:21

.Le vieux chanteur.

«….. Au milieu de la rue de chouarj , son attention est
attirée par le vieux chanteur Raïs Brahim
et sa femme assis sous un portique . Il
porte toujours son ribab et chante d’une voix
qu’on peut à peine percevoir à un mètre de distance. Il vit maintenant
de l’aumône des gens, lui, le grand chanteur
et poète de toute la région .Moh le revoit sur son cheval suivi de son
fils sur un mulet. Il reconnaît le Raïs de jadis, le poète de la tribu, avec
ses joues roses, sa barbe noire coupée court, son ribab couvert d’argent ciselé
et aux beaux motifs, sorte de violon à une seule corde en crin de cheval,
animal sacré , avec un archet recourbé tendant également des crins et qu’il
porte en bandoulière , son sac brodé et sa koumia , couteau fin à l’étui
d’argent ciselé et au fil de soie verte. Il porte un turban et une djellaba
blancs, une longue chemise également blanche par-dessous fermée par deux fils
au cou et des babouches jaunes. Son fils Mohmad
porte un joli turban jaune brodé, une longue chemise blanche , une
ceinture de femme et des babouches blanches. Il a une voix douce de jeune fille
par opposition à celle de son père au
timbre un peu sourd et viril. Ils semblent venir de loin et apportent , comme
d’habitude, la joie et l’amour aux villageois qui ne cessent de fredonner leurs chansons jusqu’à leur retour.
Son cœur se met à danser à la vue de cette colombe perdue dans le désert. Il
passe comme le vent du sud-ouest et chante les autres. Il guérit les cœurs et
aide les fleurs à s’épanouir. Il est l’abeille qui reçoit le nectar et disperse
le pollen . Les âmes aussi

Ont besoin d’être
fécondées selon lui. Pour l’étranger, il n’est qu’un simple mendiant qui va
d’un village à l’autre, mais pour les gens , le Raïs est le poète et le
chanteur de la tribu et il est du devoir de chacun de lui ouvrir son cœur et sa
maison. Il est la voix des ancêtres, le
trésor de la tribu , le détenteur du
secret des forces cosmiques, ses inspiratrices et ses Muses, le savant ,
le sage , le messager de la paix , le magicien des cœurs et des esprits, la
main invisible du destin et sa voix , le saint homme vénéré dont la fonction
est analogue à celle du fquih , qui apporte l’espoir , la sérénité et la
lumière aux êtres et aux choses qui en ont soif. Il sait dire l’histoire des
autres et l’inventer si elle n’existe pas. Il est la flamme qui ne s’éteint pas et qui apporte sa chaleur
et sa lumière à tous les cœurs. Sa musique, venue du fond des âges, fait vibrer
les corps , réveille les oreilles, fait couler des larmes, libère les pensées,
crée des rêves, emmène les âmes et les cœurs
et leur fait pousser des ailes .

« A toi qui viens vers moi de je ne sais où , se dit
Moh à lui-même, comme pour fuir la
triste réalité qu’il a sous les yeux , à toi que je viens de retrouver , à toi
mon valeureux compagnon de voyage sur la mer des signes et les déserts des
rêves, viens que je baise la tête du grand Raïs et de mon Maître, qu’il bénisse
ma main rêveuse , délie ma langue et libère mon cœur de ses lourdes chaînes ,
qu’il apprenne ma triste histoire d’amour et qu’il aille la chanter à ma
bien-aimée ; qu’elle me dise si elle m’attend encore, qu’il me dise si mes parents me bénissent et s’ils ne sont
pas morts de honte , qu’il me dise si
les fleurs poussent encore et si les filles rêvent toujours des héros
absents ;qu’il me dise si le les miens vont bien et qu’ils n’ont pas
quitté le pays ; qu’il me dise si le typhus n’a pas emporté tout le
monde ; pourquoi Dieu ne cesse de faire souffrir ceux qui sont attachés à
la justice et à la vérité ?Elle t’a dit qu’elle ne veut plus me voir ? Je l’ai faite souffrir et j’ai
gaspillé sa jeunesse pour rien ? Elle croit ce qu’on lui raconte et elle fait peser sur mes épaules les fautes des autres sans le savoir. Elle
est enfin ce qu’on a bien voulu qu’elle soit depuis longtemps. Elle a résisté
pendant des années et finalement elle cède et elle oublie ce qu’elle laisse
derrière elle. C’est difficile d’être l’amante du poète. Et je ne t’en veux pas

Chante mon cœur l’histoire de ceux qui ne sont plus !

Chante mon cœur les maisons abandonnées !

Chante mon cœur les ruches vides !

Chante mon coeur les nids détruits !

Chante mon cœur la vie que la chanson et la musique ont
quitté !

Chante mon cœur les fêtes sans joie !

Chante mon cœur les chevaux sans cavaliers !

Chante mon cœur la poésie sans poète !

Chante mon cœur ma bien-aimée qui ne m’attend plus !

Non, ne pleure pas mon cheval, un homme ne pleure pas !

Chante mon cœur le jardin sans fleurs !

Chante mon cœur le désert des cœurs et des âmes !

Chante mon cœur le pays sans musique et sans amour !

Chante mon cœur la triste fin d’un monde merveilleux !

Non, ne pleure pas mon homme, un cheval ne pleure pas !

Chante mon cœur le retour sans fin !

Chante mon cœur mon cheval qui m’emmène au bout du monde !

Chante mon coeur le vent qui souffle sur ma terre et mon
cœur !

Chante mon cœur les éclairs et le tonnerre qui m’escortent
sur le chemin de mes rêves !

Chante mon cœur si bien et fais éclater les pierres !

Chante mon coeur si bien et fais renaître les cœurs !

Chante mon cœur si fort et fais renaître les volcans !

Chante mon cheval !

Chante mon cœur !

Chante mon aigle !

Chantons ensemble et marchons !

La marche est la sœur de la
victoire ! » (Manuscrit »Les dunes, les vagues et le
vent »,Mohammed Hifad).
Hifad
Admin
avatar
ibrahim
Admin

Localisation : casablanca
Age : 73
Date d'inscription : 09/11/2009
Messages : 681
Points : 1356
Réputation : -1

http://taghartmogadorsouira.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum