Mogador-Taghart-Essaouira _ آلصويرة. ثاغارت. موكادور
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أهواك ! مدينتي أهواك يا مدينتي دون غيرك لأني رئيت آلنوربين ظهرانك أهواك حتى لا أهوى سواك ليرفرف ألقلب والفؤاد لك أنا منك مهما أبعدوني عنك وسيضل ألحنين يشدني إليك لن يرتاح البال حتى أزورك ولن تنام عيني حتى أتفقدك لقد قالوا عنك مدينة ألرياح وأجمعوا لك وإليك كل آلسواح بأنكي قبلتهم وراحتهم فقصدوك كثيرا منهم عمروك وأسكنوك وآخرين تملكوا واستثمروا بك فما مكانتي بين هؤلاء وهؤلاء فلا حول ولا قوة لي إلا صبري لا حيلة لي ألا دمعتي وحزني عليك

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Le Coran/القرآن الكريم

Essouira Artistes Singuliers au Pluriel

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Re: Essouira Artistes Singuliers au Pluriel

Message  ibrahim le Lun 21 Déc - 10:17

Re: Essouira Artistes Singuliers au Pluriel

ibrahim le Mer 2 Déc - 0:11


Fètes Taouées
Fatima Ettalbi
est née à Essaouira en 1964 et dès son plus jeune âge, elle fut initiée à la traditionnelle technique du décor au henné utilisé au Maroc pour décorer les mains et les pieds des femmes à l'occasion des fêtes de mariage et autres cérémonies.

L'artiste, la Nakkacha, dessine de très jolis motifs des deux côtés de la main, aux poignets et aux pieds jusqu'aux chevilles. Un décor artistique où elle utilise des signes et des symboles issus du répertoire traditionnel incorporant à son goût d'autres motifs : l'oeil magique et protecteur, un coeur etc... Fatima Etta-Ibi maîtrise parfaitement cet art raffiné. Il y a quelques années l'idée lui est venue de peindre ces décors de henné, non pas sur le corps, mais sur le papier et de les colorier.
Par la suite, elle en a fait des tableaux couverts complètement de personnages, oiseaux, poissons, où très souvent on voit apparaître également des monuments d'Essaouira, le port et l'île qui se trouve en face de la ville. Fatima Ettalbi utilise avec bonheur les couleurs de la nature et les couleurs chatoyantes des femmes marocaines avec harmonie comme on les retrouve également sur les tapis, les broderies et les vêtements aux teintes vives portées traditionnellement par les femmes lors des fêtes... L'artiste nous explique : "je m'amuse avec les choses de l'imagination, au début, je dessine une chose, mais j'aboutis à un autre sujet. Par exemple je peins un chameau déformé, il en sort des fleurs, des oiseaux, des rivières... L'oeil qui est le sens le plus important de l'homme et la main qui protège du mauvais oeil". Des yeux violets, des cheveux verts, des mains bleues , des oiseaux roses, des poissons jaunes aux écailles marrons, le souk et ses poteries, son folklore, le cirque et ses animaux. Une profusion de couleurs et de formes d'une grande vitalité poétique intérieure. L'oeuvre de Fatima Ettalbi témoigne de l'imaginaire féminin qui nous laisse cette impression de rêves d'une beauté joyeuse.


_________________
Avec Mes Amitiés
Ibrahim



ibrahim

Re: Essouira Artistes Singuliers au Pluriel



ibrahim le Mer 2 Déc - 0:02


<table border=0 cellSpacing=0 cellPadding=5 width="100%"><tr><td width="63%">L'infiniment petit
Brahim Mountir
Né en 1952 à Tidzi, Brahim Mountir est d'origine berbère. Aujourd'hui notable de sa commune rurale, il vit toujours dans sa région de naissance au milieu de la tribu des Haha.
"L'Arganier sacré" encre sur velin
47 x 40 cm
</TD>

<td width="37%">

</TD></TR></TABLE>
Au printemps il parcourt les champs à la recherche de fleurs qu'il cueille pour faire l'encre de ses oeuvres, qu'il prépare lui même en macérant ces plantes avant de filtrer leur jus. Certaines pierres et minéraux comme l'oxyde de cuivre Iui servent à fabriquer une encre verte spéciale : c'est une véritable alchimie. Au lycée d'Essaouira, il reçoit quelques rudiments de peinture. Plus tard, il invente son pointillisme singulier : un don qu'il a su cultiver par le biais d'un effort continu. Il crée de merveilleux paysages composés de milliers de petits points qu'il pose sur le papier avec infiniment de patience. Parfois, il met plus de trois mois pour terminer une seule oeuvre. Pour Mountir, tout est constitué d'atomes, microbes, cellules, et autres éléments minuscules. Et c'est dans cet esprit qu'il crée ses oeuvres se situant entre le réel et l'irréel. Et sans esquisse préparatoire, il continue avec acharnement d'appliquer, à la plume, ces minuscules petits points invisibles à l'oeil nu qui finalement forment un paysage, un oiseau merveilleux, des planètes entourées de nuages ou autres thèmes oniriques.
Cette peinture extrêmement délicate, ces camaïeux doux font parfois penser aux estampes japonaises.... Le trait et le point sont tellement fins et la ressemblance apparente qu'on peut se demander s'il s'agit d'un pur produit de l'imagination ou bien d'une gravure extrême-orientale. Pur hasard, bien sûr, car notre artiste n'a jamais voyagé, ni connu de collections d'estampes. Brahim Mountir est né au pied du Jbel Merdma, une forêt dense d'arganiers, aux arbres millénaires qu'il peint souvent dénudés de leurs feuilles et fruits. Cet arbre prête ses formes noueuses et splendides à l'artiste rêveur. En été, il dort souvent à la belle étoile sur la terrasse de sa maison isolée au fin fond de la forêt, d'où il peut contempler, à sa guise, nuages, étoiles et autres corps célestes. Dans cette région privilégiée par la nature, le ciel qui s'étend à perte de vue, domine la clarté et la beauté du site. Ainsi, à la suite d'observations permanentes et de méditations profondes, Mountir nous livre quelques tableaux d'inspiration mystique, des oeuvres symboliques d'une haute spiritualité.


_________________
Avec Mes Amitiés
Ibrahim




ibrahim



Essouira Artistes Singuliers




ibrahim le Mar 1 Déc - 23:55


<table border=0 cellSpacing=0 cellPadding=5 width="100%"><tr><td width="63%">Magicien de la terre
Boujemâa Lakhdar (1941 - 1989)
"Tout a commencé dans les années cinquante avec Boujemâa Lakhdar (1941 - 1989).

</TD>En Hommage à Feu Boujemaa Lakhdar
<td width="37%">

</TD></TR></TABLE>



Doyen de la peinture souirie et l'un des pionniers de la peinture contemporaine marocaine, Boujemâa Lakhdar, né en 1941 dans la Cité des Alizés, s'initia en autodidacte à l'art dès son jeune âge. Par son oeuvre et son intérêt pour la culture, il compte parmi les personnalités et les artistes les plus marquants de la scène picturale et culturelle.

Tout en développant son activité artistique, il achève avec succès ses études universitaires à la faculté des sciences de Rabat. En 1980, il fut nommé conservateur du musée Sidi Mohammed Ben Abdellah d'Essaouira, auquel il a contribué activement à sa création. Il a en parallèle suivi des études de sociologie à Rabat et d'ethnologie à Paris.

Fortement inspiré par les arts et les traditions populaires du Maroc, le défunt Lakhdar se consacra à des recherches dans différents domaines tels la magie populaire, les chants traditionnels, la sculpture, l'artisanat et l'histoire de sa ville pour laquelle il vouait une passion particulière.

En tant qu'artisan et artiste, il a toujours réussi à étonner par la créativité et l'originalité de son oeuvre. Dans ses sculptures, il introduisait avec soin et souplesse des figures géométriques ciselées dans des plaques en cuivre.

Initié aux pratiques des anciens artisans, par le biais de l'observation participante, il sut maîtriser et faire la synthèse de leur savoir ancestral dans des compositions artistiques fort savantes. C'est le cas de son insolite astrolabe musical, entre autres objets ésotériques.

Pendant ces trente années, il n'a cessé de créer. Depuis 1959, il a exposé dans plusieurs villes du Maroc, et aussi en France, à l'occasion de la sixième Biennale de Paris. Le couronnement de sa longue carrière artistique fut en 1989, date de son décès, avec la sélection de quelques unes de ses compositions pour l'exposition universelle intitulée ""Les magiciens de la terre"" au Centre Beaubourg à Paris, où il fut le seul représentant du Maghreb.

Sur l'oeuvre de Boujemaâ Lakhdar, l'écrivain Mohamed Sijilmassi disait que ""c'est un univers ambigu, magico-mystique qu'il transpose dans ses sculptures-objets, où le bois, le cuivre, l'argent, la peau, la toile, le papier s'ordonnancent avec une certaine provocation pour recevoir des signes-symboles qui seront gravés, peints, incrustés ou ciselés.

Et d'ajouter que ""cherchant délibérément ses formes dans ce réservoir inépuisable de culture arabo-berbère et africaine, il renoue avec le langage oublié des signes, des symboles et des mythes qui constituent la trame de ses oeuvres"".

Né au début des années quarante à Essaouira dans un milieu modeste, Lakhdar est très tôt influencé par sa ville de naissance. Enfant déjà, il ramasse le bois flotté sur le rivage, compose d'étranges sculptures avec les déchets de cuir des tanneries. Les alizés apportent des images lointaines et dans les ruelles flotte le souvenir d'influences mêlées, arabes, berbères, juives, andalouses, africaines. Entre la cité des vents et le jeune Lakhdar naît une véritable histoire d'amour qui rendra l'homme indissociable d'Essaouira.
L'esprit vif, curieux de tout, Lakhdar obtient tous les baccalauréats de son époque : mathématiques, sciences expérimentales, lettres modernes. Puis, il suit les cours de mathématiques supérieures et spéciales à Casablanca, au lycée Lyautey. Cet attrait pour les sciences ne l'empêche pas de lire les auteurs classiques, d'aimer la philosophie. Avec ses amis, il débat des heures durant les idées de Sartre et de Camus. Alors qu'une carrière stable s'offre à lui - il aurait pu être topographe - il s'interroge sur le sens profond de la vie... et décide de se consacrer exclusivement à l'art, auquel il voue une réelle passion. Il rentre à Essaouira, s'installe dans sa maison natale, 18 impasse Ahmed Baba Soudani. Là, il crée un atelier ainsi qu'une galerie qui deviennent rapidement un lieu d'échanges et de rencontres. Mahjouba Moummad, qu'il nomme Halima, la clémente, devient sa compagne.

L'artiste
Peintre autodidacte, Lakhdar vit des années cinquante aux années soixante sa période figurative. Dès 1959, il expose à Bab Sbaâ, une galerie d'Essaouira. Puis à Marrakech, Casablanca, Rabat et Fès. Enfin en France, en 1969, à la 6e Biennale de Paris. Ses oeuvres sont ésotériques, mais parlent un langage universellement compréhensible.
Délibérément, il s'adresse à tous, aux enfants, aux paysans, aux fous même, qu'il invite parfois à ses expositions. Il parle au coeur, à l'inconscient collectif, à nos racines profondes. Il crée un lien entre le tellurique et le cosmique et déclenche ainsi l'émotion. Lui-même disait de l'art : « C'est une notion ambiguë, simple et complexe à la fois. Mais on peut dire que l'art est une prière énigmatique devant l'absolu, formée de signes et de symboles et qui est l'expression de la transparence magique de l'universel ». Universel, certes, mais le cordon ombilical avec la terre natale, invisible, reste toujours présent. Peintures, sculptures évoquent Essaouira et recréent, le temps de la contemplation, son atmosphère parfois irréelle.

L'artisan
Proche des maîtres-artisans - bijoutiers, graveurs, menuisiers... - Lakhdar travaille avec eux, s'émerveille. Il dira : « La communication de l'artisan avec la matière est intense : c'est un travail qui se réalise lentement, de telle sorte qu'il y ait imprégnation. On parle à ce propos de la
« gana » des maâlem (l'humeur des maîtres) ». Peu à peu, Lakhdar délaisse les toiles, trop restrictives à son gré, et devient lui aussi sculpteur, ébéniste, bijoutier. Il réalise des « meubles » étranges, fantasmatiques, aux dimensions mythologiques, tables, astrolabes, trônes... Il écrit : « Derrière chaque oeuvre il faut dire qu'il y a une longue histoire, l'histoire de mon discours mimé qui me dérange et celle d'un grand rêve qui n'a ni début ni fin. C'est donc l'histoire d'un thème que j'ai incrusté, peint, marqueté, brodé, sculpté... chaque fois que je suis en transe ». Et ce savoir, il le transmet par ses créations, mais aussi en donnant des cours de marqueterie aux élèves du centre de formation professionnelle.

Les symboles
Lue ce soit dans ses peintures ou ses sculptures, Lakhdar reste fidèle à la formule de Klee : « L'art ne reproduit pas toujours ce qui est visible, mais rend visible ce qui ne l'est pas toujours ». Ainsi, apparaissent dans son oeuvre autant de symboles, certains venus du fond des âges, de ceux que l'on découvre sur les parois rupestres : cercle, disque solaire, ceil, mais aussi gazelle, aigle, tortue, serpent... Tous font partie de la culture ancestrale, on les retrouve dans les contes populaires. Ils marquent profondément l'inconscient. Dans un texte, « L'empire des signes », paru dans une encyclopédie, Lakhdar écrit : « Le dynamisme de la créativité populaire est tel que les formes et les signes qui surgissent du fond des siècles, probablement tous liés à des pratiques magiques, ne meurent pas, même occultés, refoulés, écrasés. Des signes gravés sur les roches du Haut-Atlas et de l'Anti-Atlas, il y a trois à quatre mille ans, surgissent aujourd'hui encore quotidiennement dans les productions populaires traditionnelles. Ils se mêlent à d'autres signes produits plus récemment ».
Il étudie la calligraphie, les différentes écritures, arabe bien sûr, mais aussi tifinagh, les alphabets ésotériques de Noé, de Bamoussya.. . Les correspondances avec l'astrologie et la magie le fascinent et les petits « livres jaunes » des magiciens lui dévoilent leurs secrets.

La musique
Lakhdar, qui se passionne pour la transmission orale des contes, s'intéresse tout autant à la musique.

En ce domaine, la région d'Essaouira présente un patrimoine extrêmement riche. Ainsi, note Lakhdar : « À Essaouira et dans les environs, on trouve les musiciens, les chanteurs et les chanteuses de la tradition amerg et ahouach chez les Haha, l'aïta chez les Chiadma ». L'amerg est une chanson des tribus berbères, accompagnée de plusieurs instruments, bendir, gembri, ribab, nakos. Dans l'ahouach, s'ajoute le son d'une flûte. En ville, fruit d'influences berbères, juives et arabes, la musique andalouse a aussi sa place. En ce qui concerne le malhoun, poésie en arabe dialectal, Lakhdar avait émis la Ihèse, controversée, de l'existence d'une école souirie à la fin du XIXe siècle, menée par Mohammed Ben Sghir.

Lakhdar a également écouté les musiques rituelles des Hmadcha, dont le rassemblement, ou moussera, a lieu chaque année en juillet : « La hadra est un rituel, non un folklore (...) On va à 1a zaouia pour participer à une cérémonie religieuse dans laquelle la musique sacrée est un moyen et non une fin en soi. Comme dans d'autres rites sacrés, la musique permet d'atteindre certains états spirituels selon le principe soufi du sarnaâ... ». On retrouve la transe dans le rituel gnaoua, qui a rendu Essaouira mondialement célèbre avec son Festival de Musique dont le succès ne se dément pas. De nombreux Noirs venus d'Afrique - Gnaoua signifie « Guinéen » - avaient travaillé dans la région dans les fabriques de sucre, et ce jusqu'au XVIe siècle, apportant avec eux leurs coutumes et traditions, notamment leurs rites de possession à l'effet thérapeutique. Lakhdar écrivit de nombreux articles à ce sujet, tout comme il décrivit les chants des fêtes religieuses, telle celle de l'Achoura, début de l'année musulmane, ou bien l'aïta, ancien chant bédouin... Lakhdar n'eut de cesse de valoriser et de faire connaître ces musiques. Ainsi, il fit coïncider l'ouverture du Musée des Arts et Traditions Populaires, en 1980, avec le premier Festival intitulé « La musique d'abord » et il accompagna les Hmadcha au Festival des Musiques Sacrées de Nanterre en 1984.

Conservateur de musée
Au début des années quatre-vingt, Lakhdar est nommé conservateur du Musée
Abdellah, du nom du souverain souverain qu'il avait représenté tableau, immense... Déjà publiées dans de nombreuses revues et dans la presse, Lakhdar va pouvoir faire de ce musée un endroit vivant et partager son engouement et ses connaissances avec le public. Sous la direction de Georges Lapassade, professeur de Sciences de l'Éducation à Paris VIII et d'Anthropologie Maghrébine à Jussieu, il prépare une maîtrise sur l'enseignement de l'incrustation à Essaouira. Très proche des confréries populaires, Lakhdar participe aux soirées de musique et de transe. Il se livre en même temps à un travail d'ethnologue, prend des notes, assemble des renseignements. Lapassade se souvient que « c'était sa manière de pratiquer l'ethnologie, non pas comme un observateur extérieur des rituels, mais au contraire comme un participant qui les vivait de l'intérieur ». Dans les notes de Lakhdar, on peut lire cette constatation à propos des tatouages corporels que pratiquent les femmes, les nakkachas : « Ces formes et symboles ont une grande ressemblance avec ceux employés dans le tatouage, la poterie, la tapisserie et même la bijouterie. Il est donc frappant de constater avec quelle fluidité ces « signes-migrateurs » ou « signes-transe » ont pu essaimer d'un système sémiotique à un autre ». Phrase qui résume à la fois son travail de chercheur et d'artiste. Sans cesse en quête du signe, précurseur, il utilise une caméra et filme danses et transes. Hélas, la plupart de ces films ont été détruits par le temps et le mauvais entretien. Quel mécène pourra sauver ce qui est encore possible de l'être? Car ce sont des témoignages uniques qui sont menacés...

Le bâtisseur
À Aït Yassine, à 13 kilomètres d'Essaouira, dans le pays Haha, sur la route d'Agadir, Lakhdar construit lui-même sa maison avec les matériaux du terroir. Dans la forêt de l'arganeraie, c'est une nouvelle oeuvre d'art qu'il érige ainsi, compositions artistiques, peintures, sculptures, avec toujours cette cosmogonie qui lui est propre et son bestiaire fantastique. Le lieu mérite d'être classé monument historique, afin que soit assurée sa préservation et sa mise en valeur. Cela ne pourrait qu'enrichir le patrimoine culturel déjà si varié d'Essaouira et permettrait à un public plus large de découvrir un homme aux multiples facettes, si représentatif à la fois de sa région mais également de la culture marocaine. D'ailleurs, en accord avec l'épouse du peintre, propriétaire des lieux, le cinéaste iranien Hamid Fardjad vient de rénover cette maison, « Dar El Baz », qui est maintenant ouverte au public.

Hommage :
En 1989, Lakhdar rencontre enfin une consécration méritée. Il est le seul représentant du monde arabe à participer à une exposition qui fera date dans l'histoire de l'art : « Les Magiciens de la Terre » à Paris, au Centre Georges Pompidou. Il meurt la même année des suites d'une douloureuse maladie. On ne rendra jamais assez hommage à cet homme d'exception dont l'humilité et la modestie ont marqué ceux qui le côtoyèrent. Il a su rapprocher art et artisanat, souligner le sacré. Ainsi, mystique et quotidien alternent dans cette vie et cette oeuvre en un va-et-vient permanent qui évoque le flux et le reflux des vagues sur la côte rocheuse d'Essaouira.

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Re: Essouira Artistes Singuliers au Pluriel

Message  ibrahim le Lun 21 Déc - 10:10

Re: Essouira Artistes Singuliers au Pluriel



Hifad le Mer 9 Déc - 11:22

Bonjour si Omar

Tu as raison de dire qu'il s'agit de traces d'amitié indélibiles malgré toutes ces années passées Si Boujemâa est toujors là parmi nous aussi vivant que jamais .Le plus beau , à mon avis , dans une oauvre d'art , c'est de vivre sa naissance , sa construction , cotoyer de près l'artiste face à la matière et constamment tiraillé entre son oeuvre et les problèmes de la vie tout court:pour le spectateur de l'oeuvre achevée , c'est un peu admirer la beauté un papillon tout en ignorant les diverses métamorphoses par lesquelles il est passé durant sa vie éphémère.



Hifad



Hommage à Boujemaa lakhdar


Lakhdar le Mer 9 Déc - 9:14

Bonjour Si Hifad,

Ton hommage à feu Boujemaa Lakhdar en vers-prose est très sincère, trace d'une amitié indélébile. Tu fais partie des habitants d'une ville que les visiteurs venus d'ailleurs qualifient d'on ne plus exquis!

Merci à toi Si Hifad




Lakhdar




Hommage à mon ami Si Boujemâa Lakhdar.



Hifad le Mar 8 Déc - 15:27




Tu écris sur le sable ta célèbre formule de l’homme qui tend vers l’infini sur l’infini est égale à un .

Face au coucher du soleil, je suis attentivement ton discours.

Tu nous donnais gratuitement des cours de mathématiques.

Tu voulais que ceux qui n’ont pas de quoi payer des cours aient la même chance que leurs camarades aisés.

Tu n’as jamais voulu vendre tes tableaux ni travailler chez d’autres.

Pourtant tu ne refuses pas à un ami de te payer à crédit l’un de tes tableaux.

Tu as voulu devenir Maâlam à l’âge adulte étant pris tant d’années par les études et réaliser enfin ton rêve d’enfant.

Tu nous a fait admirer ta petite fontaine qui fonctionne toute seule à la manière de celle d’Alhamra .

Tu nous a fait goûter à tes tagines magiques.

Tu es parti travailler gratuitement chez un marqueteur et un bijoutier pour apprendre leurs métiers dans les règles de l’art.

Tu as voulu tout bousculer : les anciens motifs de la marqueterie, de la bijouterie , de la tapisserie et de la broderie doivent être modernisés et sortis de l’imitation, du répétitif et du cercle vicieux.

Tu dessines à ta femme les motifs de ses broderies-tableaux.

Tu ouvres d’autres horizons pour tous les artistes dits traditionnels et tu fais élever leurs produits utilitaires au rang d’œuvre d’art.

La table ne sert plus pour manger mais pour décorer un plafond.

Le poignard en argent aux beaux motifs ne sert plus pour se défendre mais pour décorer les murs de nos maisons.

L’utilitaire des anciens devient sous tes mains de magicien des œuvres d’art.

Tu as attendu patiemment la reconnaissance des anciens.

Ils viennent discuter avec toi et admirer tes tables qui ne sont plus des tables mais des tableaux.

Ils viennent discuter avec toi en Maâlam incontesté et leurs apprentis commencent à t’imiter.

Les Maâlam d’hier chez qui tu es allé, en toute modestie, apprendre les éléments de base de leurs métiers, ont bien retenu la leçon et viennent chez toi apprendre à leur tour ce que tu as admirablement fait de leur art.

Tu ne vois pas avec dédain, comme certains de nos artistes, les œuvres de nos Maâlam.

Tu es l’un des leurs et tu es membre de leurs confréries de Hmadcha et de Gnawa.

Tu les emmènes partout avec toi à travers le monde pour faire connaître votre nouvel art et nouvelle culture.

Tu as forcé la main à ta ville qui ne peut que te reconnaître, te nommer conservateur de son premier Musée et t’accueillir au sein de son Conseil Municipal comme membre qui fait honneur à sa ville et à son art.

Tu as construit ta maison-tableau , comme tu aimes la qualifier à juste titre.

Tu n’as pas pu voir ton propre Musée en plein soleil , sur la terre de tes valeureux ancêtres et dans ta propre maison.

Reposes-toi cher ami en paix après une vie digne d’un Grand Artiste !





Hifad
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Essouira Artistes Singuliers au Pluriel

Message  ibrahim le Lun 21 Déc - 10:06

Re: Essouira Artistes Singuliers au Pluriel

La défunte REGRAGUIA BENHILA



ibrahim le Lun 7 Déc - 0:08

Regraguia Benhila, la spontanéité sublimée
Regraguia Benhila, peintre autodidacte, nous raconte son incroyable histoire, aux parfums et couleurs des mille et une nuits, avec l'art naïf. Rencontre avec une passionnée de l'art pictural et de sa cité des vents, Essaouira.
Quelques semaines après la disparition de Chaïbia, magnifique "coloriste" qui s'est fait une place au soleil parmi les grands, Rachid Nini nous présente une artiste moins conuue, mais qui ne manque pas de magie. Regraguia Benhila incarne la spontanéité sublimée.
Dans un portrait brossé par Khalid Seltani, on peut lire : "Regraguia Benhila, maquillée du sourire le plus sincère du monde, dévoile son jardin secret et invite au rêve, au songe et à la liberté. En dépit des mèches grisonnantes, du faciès ridulé et de son âge avancé, elle
Regraguia Benhila est une artiste peintre marocaine.Née en 1940, Regraguia Benhila, spécialisée dans l’art naïf a été décorée par le Roi Mohammed VI du Wissam du mérite national de l’ordre d’officier en avril 2007 à Essaouira.
Autodidacte, elle aime reproduire les paysages et les personnages de sa ville Essaouira. L’artiste a également participé à plusieurs expositions en France et en Allemagne.
garde les yeux mouillés par la soif de découvrir et d'apprendre davantage. Son épanouissement se fait dans la générosité et la jubilation. Sa sincérité est émouvante et ses oeuvres ne laissent jamais indifférent.
Regraguia continue à peindre ses tableaux de petite fille avec amour et passion. Ancienne combattante et mère de quatre enfants adoptifs, elle vit dans l'ancienne médina et pratique la peinture dans ses moments de méditation. Longtemps cloîtrée par son défunt mari, elle se consacrait à la tapisserie ou à la broderie. Elle aimait écouter le Coran, les Mille et une nuits et les contes d'Al-Azaliya.
Après la mort de son mari, elle a appris à lire et à écrire. "Elle se donne ensuite au papier en vue de s'extérioriser en usant de coloris gais et éloquents. Les sentiments se mêlant aux souvenirs, le vécu à l'hériditaire". Ses sujets d'inspiration : la nature, l'amour et la liberté.
Essaouira, avec ses paysages et personnages authentiques, est aussi très présente dans ses toiles. Des oiseaux, serpents, fleurs, poissons, sirènes et humains sont mélangés dans une harmonie paisible dont seule l'artiste connaît le secret de la mixture. L'alphabet de son alchimie, elle le puise des génies de la nuit. "Mogador y est pour quelques chose !" nous confie l'artiste.
Les cieux étoilés et champs rubiconds qu'elle peint représentent son désir de vivre heureuse et détachée, quelques fois rebelle aux régles et normes qu'elle qualifie sans réserve d'"idiotes". Toutefois, sa modestie est palpable. Regraguia est une femme simple mais fière.
Dans ses oeuvres, elle vous saisit avec ses motifs et ses couleurs, comme une mère qui narre amoureusement des fables à ses enfants. Regraguia Benhila, qui possède un discours authentique sur son trvail, invite au songe et aime se transformer en une Chéhrazade qui vous charme.
Grâce à certaines associations locales et mécènes, cette artiste a pu voyager en France et en Allemagne où elle a fait découvrir sa ville, son terroir et son identité. "Riche de son patrimoine et de sa culture, la femme au haïk se dévoile. Son art naïf recèle une plasticité des plus expressives en l'absence du verbe". A découvrir dans la nouvelle édition de "Nostalgia".
Regraguia Benhila

Le bonheur
"Une femme née comme moi à Essaouira en 1940, dans une famille où le père était pêcheur, n'avait d'autre choix que de passer sa vie à laver des peaux de moutons dans les vagues de l'Atlantique, même durant la saison des vents. Je partais le matin tôt avec ma mère Mbraka et ma grand-mère Tahra vers l'océan. Une fois les peaux nettoyées et séchées, on enlevait la laine et on la filait. Après, on la vendait à celles qui tissaient djellabas ou tapis. De temps en temps, je tissais un tapis, mais juste pour les besoins de la famille. Un tapis prend un temps fou et le prix qu'on t'offre est toujours ridicule. Je gagnais mieux en me limitant à traiter les peaux et à filer la laine."
Accompagnée de sa mère et de sa grand-mère, Regraguia passait chaque soir, sur le chemin du retour d'une journée de travail à la mer, devant les galeries qui jalonnaient les ruelles de la ville. " J'étais fascinée par les galeries, mais ce n'est qu'en 1986, à qua - rante-six ans que j'ai eu le courage d'y entrer. Et pourtant je rêvais sans cesse de prendre le pinceau" .
"Ma soeur Fatema, j'avais peur de rentrer dans une galerie de peinture. Seules les femmes riches habillées à l'européenne en franchissaient le seuil", me confia-t-elle, le deuxième jour où elle m'invita dans son studio. "Mais j'avais décidé toute petite, de faire la guerre à alihbat (la frustration, le défaitisme). Al-ihbat est un cancer. Il faut qu'on nous enseigne à la télévision comment le combattre. Si j'avais des diplômes, j'aurais essayé de créer un vaccin contre al-ihbat" , conclut-elle en ouvrant une grosse boîte en plastique d'où elle tira son press-book et ses photos avec les célébrités qui avaient défilé chez elle. Elle voulait étaler devant moi les preuves de sa réussite, avant de continuer à se souvenir d'un passé aussi chaotique qu'imprévisible.
Selon Regraguia - qui connaît par coeur tout le répertoire des aïta , ces chansons traditionnelles du Maroc atlantique, qui célèbrent la jouissance comme devoir sacré - l'important, c'est que vous restiez rivés à votre quête du bonheur, même lorsque le malheur frappe. C'est la direction de votre regard qui influe sur la destination de la barque, aussi déchaînées soient les vagues et les tempêtes qui la chahutent. Regraguia a cette volonté forcenée du bonheur des générations d'avant le vaccin, la pénicilline, l'aspirine et la télévision. Les générations des damnés de la terre, programmés à ne compter que sur leur énergie intérieure, pour générer la lumière qui éclabousse les ténèbres.
Celle qui peignait l’aube à la fois étrange et belle lorsque les brouillards de la nuit font danser la lumière du jour vient de rendre l’âme à Essaouira
En cette période de la saison morte où les nuits sont les plus sombres et les plus longues, et où le froid de la « boulda » atteint les cœurs, Regraguia Benhila nous a quittés ce mardi 10 novembre 2009 sur la pointe des pieds, au milieu de cette arganeraie des « hrarta » aux environs d’Essaouira où elle s’est retirée ces dernières années pour vivre dans la dignité, loin des regards et des incompréhensions. Loin d’une ville où les solidarités traditionnelles qu’elle y a connues dans sa jeunesse, n’existent plus.
Artiste autodidacte, elle est née à Essaouira en 1940. Et ce n’est que tardivement, en 1988, qu’elle a commencé à produire ses premières esquisses si caractéristiques par leur univers labyrinthique et tourmenté aux thématiques extravagantes et aux couleurs chatoyantes où s’expriment son imaginaire, sa féminité et sa forte personnalité. Elle est la première femme peintre d’Essaouira. Ses œuvres ont été présentées pour la première fois, à la galerie Frederic Damgaard le 3 mars 1989,à l’occasion de la Fête du Trône. Elle a ensuite exposé Place de l’horloge et à Beit Allatif face aux batteries de la Scala de la mer.. Par la suite, elle s’est liée d’amitié à l’écrivain Fatima Mernissi et à un groupe de femmes allemandes qui exposèrent ses œuvres à Cologne, Francfort et ailleurs. C’est une figure emblématique des femmes d’Essaouira, dont elle portait le «haïk», qui disparaît aujourd’hui. Et c’est en 1989, que je l’avais rencontrée au cœur de la médina où elle résidait. A l’issue de l’entretien qu’elle m’avait accordé alors, je lui avais consacré le texte qui suit et qui est paru au catalogue bleu «Artistes d’Essaouira» édité en 1990, sous le titre : «La quête de la fertilité» : La peinture de Benhila est d’une générosité exubérante. D’une grande fraîcheur. La fraîcheur du ciel et de la mer. Elle peint l’aube à la fois étrange et belle lorsque les brouillards de la nuit font danser la lumière du jour. C’est le monde qui renaît au bout du rêve. Elle peint le ciel de la fertilité quand le jour enfante la nuit.
«Au moment où la nuit pénètre dans le jour, dit-elle, je te jure au nom d’Allah Tout-puissant que je vois défiler tout l’univers. J’adore le ciel quand le soleil décline. Je vois les nuages qui se meuvent et j’imagine un autre monde au-dessus de nous. Je vois dans le ciel comme des arbres, des oueds, des oiseaux, des animaux. Les labyrinthes que je peins sont comme les ruelles de la vieille médina : tu vas dans une direction mais tu aboutis à une autre. Je peins les chats qui rôdent sur les terrasses. Les enfants qui jouent dans les ruelles étroites, les femmes voilées au haïk , leurs yeux qui sont les miroirs des hommes et notre « mère – poisson » qui resplendit une nymphe très belle, une gazelle qui mugit de beauté avec ses cheveux balayant la terre. Je n‘oublie pas l’île et les monuments, symboles d’une histoire révolue. Tout cela m’apparaît dans les nuages ou me revient dans les rêves. »
Ses tableaux, elle les voit d’abord dans le spectre des couleurs qui illuminent le crépuscule au-dessus de l’île et de la mer. Elle fixe ces projections poétiques dès qu’elles réapparaissent sur la toile blanche, dès qu’elle en saisit le bout du fil. Ce sont souvent des représentations symboliques du rêve, aux connotations très freudiennes.
«Quand je peins, je me sens malade comme une femme sur le point d’accoucher. Ça m’arrive à des moments de silence. L’enfantement est la seule sensation que je n’ai pas encore expérimentée. J’exprime l’idée du fœtus dans ma peinture. Inconsciemment, je peins la matrice des femmes et leur état de grossesse. Je peins le diable que j’avais vu dans une forêt lorsque j’étais toute petite : j’arrachais avec mes dents le palmier nain dont j’aimais le cœur, quand il m’apparut sous la forme d’un chameau à cornes. Il était de très grande taille croisant les bras sur la poitrine. Il me regardait avec des yeux fissurés au milieu et qui louvoyaient dans tous les sens. Je m’éloignais en rampant sur mon ventre. Je rêvais souvent d’un chameau qui me poursuit. Il se transforme en une boule qui rebondit de colère jusqu’au ciel lorsque je me dérobe à sa vue. Je peins aussi le serpent, parce que, dans les temps anciens, les gens avaient peur du serpent. Les hommes étaient très beaux. Les serpents aussi. Mais, s’ils te foudroient, tu ne peux plus guérir. C’est le serpent de l’amour, car l’amour ressemble au venin. Mais je prie Allah pour que les cœurs des hommes soient aussi blancs que les colombes. »
La mer est peuplée d’esprits. C’est delà que provient Aïcha Kandicha, symbole démoniaque de la séduction féminine, que les hommes rejettent aussitôt dans le brouillard de l’oubli et des flots. Le dialogue avec la mer est zébré de craintes chimériques que l’artiste exprime sous la forme de la «mère - poisson» - sirène éclatante de beauté avec sa chevelure d’algues balayant la surface de l’océan – de piranhas et de monstres marins. Pour l’imaginaire traditionnel, l’océan est un cimetière où vient se jeter l’oued en crue avec ses cadavres de végétaux et d’animaux. Notre imaginaire n’aborde la mer, qu’en y ajoutant notre propre effroi, que véhiculait la procession carnavalesque de l’Achoura où l’on chantait entre autres :
Ô toi qui t’en vas vers Adouar
Emporte avec toi le Nouar
Jeux de mots sur le «Nouar» (bouquet de géranium et de basilic) que le soupirant doit porter à «derb Adouar» (l’impasse au cœur de la médina où résidait Benhila avant d’aller mourir en dehors de la ville qu’elle n’aurait dû jamais quitter). Dans sa peinture, la mer n’est point nommée mais sa fraîcheur est présente : azur ! Terre blanche éclaboussée de soleil ! Œil - poisson pour conjurer le mauvais sort ! Cris blanc et gris des goélands par-delà l’autre rive et l’autre vent ! Coquillage pourpre et sang sacrificiel à la foi ! La palette magique aux couleurs des jours finissants s’est retirée à l’intérieur des terres pour s’éteindre dans la dignité comme ces oiseaux qui se cachent pour mourir.
L’artiste plasticienne, Regraguia Benhila, s’est éteinte la semaine dernière à l’âge de 69 ans des suites d’une crise d’asthme. Autodidacte, R. Benhila était hantée toute sa vie par une seule obsession plastique : reproduire, au bout de ses pinceaux, les paysages et les personnages de sa ville, Essaouira. Dans plusieurs de ses toiles, l’on peut contempler aussi bien des oiseaux et des serpents que des fleurs ou même parfois des poissons qui, tous, se mélangent harmonieusement dans ses créations naïves. Que Dieu, le tout puissant, ait l’âme de la défunte en sa sainte miséricorde.




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Ibrahim




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Mohamed Zouzaf



ibrahim le Sam 5 Déc - 17:11


Mohamed Zouzaf , l'homme créateur , artiste , peintre autodidacte et artisan , sa passion
le travail sur les peaux en cuir sur les quelles il transpose des motifs et signes et des symboles d'une manière rituelle et Artistique . Il suffit de voir les tableaux géants du féstival
des Gnaouas , ce décor fantastique sur lequel se jette tous les projecteurs du monde entier pour conclure et donner votre avis . je vous laisse avec les écrits des médias et quelques apperçus de ses oeuvres.



Arts et Culture : Mohamed Zouzaf exalte les vertus du signe et du symbole

«Quand on mentionne l'africanité des artistes d'Essaouira, il faut aussi indiquer leur berbérité. La région sud de la ville est peuplée par les tribus berbères Hada qui possèdent un riche patrimoine culturel bien spécifique avec notamment un vaste répertoire de signes et symboles tout à fait particulier dont l'origine remonte à des milliers d'années.
Ce patrimoine s'est enrichi par l'apport de cultures venant du grand sud au moment où les caravanes affluant du Sahara et des régions africaines traversèrent ces territoires berbères. Ce qui a donné lieu à un métissage des deux cultures qui apparaissent dans les oeuvres de certains artistes amazighs d'Essaouira ...
Ils sont pour la plupart issus du monde rural ou des couches populaires et influencés par la culture locale: surtout berbère et arabe. On touche ainsi deux oiseaux d'un même coup, ou plutôt le même oiseau dont les ailes flotteraient d'un coté et de l'autre des deux cultures. Une synthèse exemplaire entre arabité et berbérité, une plate-forme de co-existence entre des types d'expression aussi proches que lointains.
Ce qui prouve que les artistes d'Essaouira sont bien dans leur cohabitation, et que le Maroc dans sa culture comme dans son étendue n'est qu'un seul pays» (extrait du livre d'art édité par la galerie d'art Frédéric Damgard, en 1999 à l'occasion du «Temps du Maroc en France»).
Mohamed Zouzaf fait partie de cette catégorie d'artistes qui se mettent au service de la création artistique. Natif d'Essaouira, en 1955, où il vit et travaille pratiquement retiré dans une profonde affinité spirituelle avec sa ville natale, cet artiste peintre autodidacte passionne par les signes et les symboles qu'il transpose de manière rituelle et immuable depuis de très nombreuses années, sur des peaux en cuir savamment travaillées.
Des symboles qui conjurent les angoisses marquées par la mémoire des signes des bijoux berbères. Son amour pour Essaouira lui donne de l'inspiration : ses remparts où Orson Welles vint tourner son Othello, les vents et les embruns d'une mer omniprésente, les contrastes entre espaces touristiques délimités, souks luxuriants et ruelles étroites de la médina…
«Lorsque l'on regarde attentivement les compositions de Zouzaf, l'on remarque d'emblée une suite de personnages tout droit sorts des hiéroglyphes… et ils sont tellement imbriqués dans un sens, dans un mouvement équilibré qu'ils se transforment miraculeusement en un texte parfaitement lisible», écrivait, en 1994, le poète Mohamed Khaïr-Eddine.
Evidemment, l'auteur parlait de nos arts plastiques qui continuent à afficher une santé insolente, à travers les œuvres de Mohamed Zouzaf. Celles-ci se préservent en multipliant les renouveaux, les audaces fulgurantes et les remises en question. D'où une vitalité accrue, au fil des saisons. Les œuvres d'art de Zouzaf illustrent pleinement la description et représentent un exemple frappant et rare d'émergence d'une peinture populaire. L'artiste peintre puise naturellement dans la fascinante luminosité du site, la féerie des couleurs et son rythme de vie.
Son exposition en tant qu'artiste professionnel vaut le détour pour ce qu'elle dévoile du dynamisme d'un art en perpétuel renouvellement. Au fait, plusieurs expositions sont à l'actif de ce créateur d'art. Depuis 1984, il organisait déjà des expositions mobiles à Agadir, Essaouira Rabat et Casablanca. Il a également participé à des expositions collectives en Tunisie, en France, en Suède, en Autriche et aux Etats-Unis d'Amérique. De 1993 à 1995, il a exposé dans le cadre d'expositions permanentes en France (Fréjus, Metz) et en Belgique (Bruxelles).
C'est lui qui a mis au point les affiches du célèbre festival des Gnaoua et mis au point CD de ce genre musical.
Mohammed Zouzaf aime se cacher derrière les sculptures exposées partout dans son domicile. Parfois, il parle avec ses travaux. Ses sculptures et ses images sont couvertes avec des signes mystérieux innombrables, inspirées de la tradition des amazighs.
Chaque image raconte une histoire. «On découvre chez cet artiste original des critères et des paramètres scripturaux extrêmement anciens qui sont l'amplitude des premières écritures dont les premiers hommes civilisés se sont servis pour communiquer entre eux et pour mieux analyser leur environnement», notait encore, Mohamed Kaïr-Eddine.
El Mahjoub Rouane | LE MATIN
dans une esthétique articulée autour du signe, Zouzaf exploite la rhétorique référentielle des tablettes et des stèles anciennes pour développer son langage pictural. Il révèle ainsi une palette diversifiée d'Âœuvres inspirées de graphisme et de symbolisme ancestral, plus gestuelles et moins formelles.
"Les sculptures et les peintures de Zouzaf sont couvertes de signes mystérieux, inspirés de la mémoire collective amazighe. Elles reflètent une précision et une minutie qui déclenchent la quête de la connaissance de soi et la paix intérieure", expliquent les organisateurs.
Et d'ajouter que les toiles peintes dans des couleurs chaudes telles que l'ocre, le jaune et l'orange reflètent une recherche picturale par laquelle l'artiste a su créer une sorte d'évasion vers un monde imaginaire que seul lui peut interpréter.
Dans cette exposition montée par le service culturel de l'institut français de Fès, Zouzaf cultive des rapports transversaux avec l'espace vécu. Tantô t fasciné par les dessins et formes en transe, tantô t ébloui par le langage fascinant des couleurs et des symboles.
Natif d'Essaouira, Mohamed Zouzaf figure incontestablement parmi les artistes contemporains reconnus.
MAP

ZOUZAF
Atelier graphisme avec Zouzaf
Au deuxième trimestre, nous avons fait connaissance avec un artiste qui s’appelle Zouzaf. Nous avons d’abord appris à dessiner des signes berbères avec des feutres sur une feuille blanche. C’étaient des espèces de bonhommes remplis de signes. Puis on a commencé à dessiner avec une plume et du brou de noix sur une peau de mouton.
Nous avons fait cet atelier avec Manuela, la maîtresse de français et Leïla la maîtresse d'arabe.
Les CE 1
Dans le cadre de la 5ème édition du Festival International des Arts Plastiques organisée récemment par l’Association Bassamat Chaouia Ouardigha sous le signe «Arts et Métiers», l’artiste plasticien Mohamed Zouzaf nous a fait partager aux côtés d’illustres peintres marocains son expérience plastique, en nous transportant vers un univers pictographique incarné par des monochromes et des matières nobles.
Son oeuvre nous invite à contempler un mystérieux répertoire de signes et symboles qu'il transpose de manière rituelle et immuable depuis de très nombreuses années.
Travaillant sur papier et peaux marouflées sur bois savamment travaillées, ce plasticien alchimiste d’Essaouira nous révèle une palette diversifiée d’œuvres inspirées de graphisme et de symbolisme ancestral, plus gestuelles et moins formelles.
Pictographies finement tracées, productions plus libres reposant sur l’emploi de motifs géométriques, de signes, de symboles, de motifs colorés ou monochromes, mais combien riches des particularités de la mémoire tatouée d’Essaouira : Exemple illustre d’une synthèse d'expressions aussi proches que lointaines.
«Lorsque l'on regarde attentivement les compositions de Zouzaf, l'on remarque d'emblée une suite de personnages tout droit sortis des hiéroglyphes… et ils sont tellement imbriqués dans un sens, dans un mouvement équilibré qu'ils se transforment miraculeusement en un texte parfaitement lisible», écrivait, en 1994, le poète romancier Mohamed Khaïr-Eddine.
Zouzaf (vit et travaille à Essaouira) figure parmi les artistes contemporains qui associent leur art au symbolisme gestuel.
Délivré des contraintes canoniques de la lettre, il se concentre sur ce qui en fait la force et la spécificité : rythme et harmonie de la composition dans l'espace, tensions et contrastes des lignes entre elles, vigueur et mouvement du trait. Son acte plastique illustre le parfait mariage entre la peinture et la musique dans une ambiance où l'esthétique côtoie le mystique.
Les sculptures et les peintures de Zouzaf sont couvertes avec des signes mystérieux innombrables, inspirés de la tradition des amazighs. Apparemment spontanées, elles relèvent en fait d'une précision, d’une minutie et d'une concentration extrêmes, qui font de l’acte de peindre une source de connaissance de soi, de spiritualité et de paix intérieure : une école de vie qui fait rêver.
«On découvre chez cet artiste original des critères et des paramètres scripturaux extrêmement anciens qui sont l'amplitude des premières écritures dont les premiers hommes civilisés se sont servis pour communiquer entre eux et pour mieux analyser leur environnement», notait, encore, Mohamed Kaïr-Eddine.
La forme, le tracé, l'empreinte, le graphisme des caractères personnalisés, diffèrent, déterminant l'aspect visuel éloquent du message plastique et influençant la communication artistique qui tend à rendre visible l’invisible pour mieux conserver la trace d'une vie commune garante de rythme et d'authenticité. Harmonie des facultés et spontanéité permettent donc à l’artiste de libérer ses énergies tout en élargissant son monde esthétique.
Fidèle à sa ville d'origine Essaouira, Zouzaf cultive des rapports transversaux avec l'espace vécu. Tantôt fasciné par les dessins et formes en transe, tantôt ébloui par le langage fascinant des couleurs et des symboles. Dans son exposition à Casablanca, une sorte d’affinité spirituelle profonde avec sa ville natale, où il vit et travaille discrètement. C’est une approche symbolique inédite qui rend un hommage sans cesse vivant au savoir-faire ancestral préoccupé par la volonté minimaliste d’exprimer le maximum par le minimum et de mettre en valeur l'africanité et la berbérité de notre lieu d’appartenance. C’est dans cet esprit que Zouzaf puise naturellement dans la fascinante luminosité du site, la féerie des couleurs et son rythme de vie. Son traitement labyrinthique du signe paraît bien ésotérique: un art pour méditer, un savoir hors du temps. Mais s’il est tout cela, il est surtout une philosophie de vie, une morale doublée d'esthétique. La main qui manie le pinceau se veut l'instrument d'une quête qui va bien au-delà d'un formalisme harmonieux pour mettre en toile le culte du geste et du trait et la communion des énergies du corps et de l'esprit, et ce via une stylisation progressive de l'écriture subjective et détournée.
Dans une esthétique articulée autour du signe, il exploite la rhétorique référentielle des tablettes et des stèles anciennes pour développer son langage pictural. Intemporel, parce qu'à l'abri des modes, l’empire des signes est bien plus qu'un simple exercice de virtuosité, c’est un langage polysémique et connotatif qui joue sur l’ambivalence du vide et du plein le symbole du contenu et du contenant. C'est aussi une jouissance du corps et de l’esprit voire une voie d'épanouissement.
Son œuvre en tant qu'artiste professionnel vaut le détour pour ce qu'elle dévoile du dynamisme d'un art en perpétuel renouvellement.




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Houssein Miloudi



ibrahim le Ven 4 Déc - 21:47



A l'entrée de Mogador et d'Essouira , Brakat Mohamed acceuille ses visteurs , les Mogadoriens et Souiris
en voyant cet édifice pensent bien à son rélisateur Houssein Moloudi l'artiste,le peintre,le plasticien,le calligraphe
le contemporain et l'artisan intellectuel et imaginaire , je vous laisse avec les spécialistes pour bien le découvrir





Né à Essaouira, Miloudi quitte sa ville natale afin de bénéficier d’une solide formation, notamment à l’Ecole des Beaux-arts de Casablanca puis à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Sa peinture réhabilite le patrimoine archaïque, qu’il soit berbère, arabe ou originaire d’Afrique noire, dans une fidélité à la richesse séculaire de la ville des Alizés. Signes, symboles, figurines sont mêlés et entremêlés pour former une sémiotique de l’immémorial telles les mains protectrices, les talismans ou les osselets qui peuplent ses toiles. Une universalité à chaque fois démontrée lors de ses nombreuses expositions à travers le monde, Europe, Chine, Japon, Etats-Unis
Houssein Miloudi : l’ermite d’Essaouira
Discret, à l’écart du brouhaha spéculatif et médiatique, Houssein Miloudi reste l’un des grands noms de la peinture marocaine. Portrait.

Houssein Miloudi.


«J’ai un rapport très étroit avec ma ville Essaouira à tel point que je ne peux pas m’en détacher. Je la considère comme ma source d’inspiration. De temps en temps, je vis dans ce que j’appelle Essaouira souterraine, Essaouira invisible et j’ai trouvé les issues pour y pénétrer. C’est ma «Essaouira magique». Le propos est bref, laconique et claire. Il résume le rapport qu’entretient l’artiste avec une ville dont le nom est Image. Fruit d’un père berbère, commerçant prospère, et d’une mère originaire de Tafilalet, forte personnalité mariée en première noce avec un européen, Houssein Miloudi a ouvert ses yeux à Mogador. Après le Msid, l’école coranique, et son univers de tablettes, Salasal, encre smakh et plumes de roseau, il fréquente le primaire et débarque, en interne, à El Jadida. C’est là que monsieur Hennioui, le proviseur du lycée, décèle chez lui un potentiel artistique et finit par convaincre si Brahim de le laisser librement choisir sa destinée. Dans sa tête, elle était déjà toute tracée. Et le voila, au début des années soixante dix, à l’école des beaux arts de Casablanca. La critique Toni Maraini, son professeur, note qu’ «il fut certainement celui qui a le plus tiré profit du climat insurrectionnel de cette école contre l’art post orientaliste de l’époque». Dès cette période, il façonne un imaginaire créatif et les ébauches d’un style propre qu’il confronte, pendant deux ans à Paris, aux expressions plastiques les plus contemporaines.
L’œuvre ouverte
De retour de ce triple exil, El Jadida, Casablanca, Paris, il s’installe, début des années soixante dix, dans sa ville qu’il ne quitte que rarement, fuyant vanités, mondanités et médias. Discret, timide, solitaire et décalé, Houssein Miloudi vit entouré de curiosités : Vieux livres reliés, verres de cristal, photos jaunies, coffrets de disques 78 tours, une profusion de clefs et une infinité de montres de toutes formes et genres. Les timbres d’une horloge rythment les jours et les nuits, et extirpent le visiteur de ses rêveries. Quant à l’horloge de la place, ses aiguilles se sont arrêtées depuis belle lurette. L’ermite voyage dans ses tableaux qu’il met beaucoup de temps à réaliser en compagnie de son fidèle assistant, le peintre Aziz Bidar. Des œuvres qui naissent dans la douleur, l’angoisse et les tourments. Pour ne pas s’en détacher, il ne cesse de les retoucher, de les revisiter à l’image d’un moine bénédictin et copiste au chevet de son palimpseste. Talismans, bijoux, tatouages, alphabet Tifinagh et calligraphie arabe style du Fqih, signes, symboles tel le mausolée…Les toiles de Houssein Miloudi sont des archétypes de l’imaginaire Souiri et, au-delà, marocain. Un monde magique, merveilleux, sublime, fantastique et ésotérique hanté par des êtres hybrides et des oiseaux entre la quête des cieux et la chute vertigineuse dans des abîmes abyssales. D’un coté des tons pastels, joyeux à la Juan Miro, de l’autre des seines apocalyptiques du jugement dernier à la Bruguel. Le regretté Mohamed Kheir- Eddine, l’un de ses amis poètes avec Bennis, Nissaboury et Laâbi, note qu’il s’agit d’«une charge de signes immémoriaux qui contiennent la mémoire des terres natales, couleurs discontinues qui frémissent en un long murmure et qui disent le secret du chaos original». Indissociables, Miloudi et son œuvre sont le reflet d’Essaouira. Cité jalouse de son identité marocaine et en même temps ville ouverte -comme son atelier de la Scala- aux vents de l’Atlantique, aux alizés d’ailleurs, ouverte au monde.
Hommage au peintre Souiri Houssein Miloudi
Le Printemps Musical des Alizés et la Fondation des Trois Cultures ont rendu, vendredi à Essaouira, un vibrant hommage à l'artiste peintre Houssein Miloudi.
Initiée dans le cadre de la 7-ème édition du festival des Alizés, la cérémonie-hommage s'est déroulée dans l'atelier Beït Allatif (à la Scala) de Miloudi en présence notamment de MM.André Azoulay, conseiller de SM le Roi, président délégué de la Fondation des Trois Cultures, Abdeslem Bikrat, gouverneur d'Essaouira et Mohammed Ennaji, directeur fondateur du Printemps musical des Alizés.
Une exposition sous forme de rétrospective du parcours artistique combien riche de l'incontesté Miloudi a été montée à cette occasion offrant à voir plus d'une trentaine d'oeuvres artistiques réalisées entre 1967 et 2007 avec des techniques diverses mais qui semblent toutes fusionner et converger pour donner naissance au beau et au sublime.
Miloudi, qui est à l'origine d'un monument érigé à l'entrée de la ville d'Essaouira, intitulé "Barakat Mohamed" (bénédiction du Prophète), compte à son actif de nombreuses expositions individuelles et collectives depuis 1970, au Maroc et à l'étranger, notamment en Tunisie, en Yougoslavie, aux Etats-Unis, en Espagne, en France, en Pologne, en Allemagne, au Canada et en Belgique.
Pour M. Ennaji, ce peintre qui compte parmi les plus grands du Maroc, "a su rendre l'âme de sa ville mieux que personne. Il s'est enquis dans les profondeurs de la mémoire de ses trésors enfouis. Il l'a fait en silence, quand cette ville était à l'abandon, désertée par les Hommes et par l'Histoire".
A l'image de l'historien de la longue durée, Miloudi, enfant d'Essaouira, a fouillé dans les traditions populaires, dans les représentations, dans les façons des maîtres artisans, dans ce qui est au-delà du bruit passager, dans les archives "lourdes", dans le non événement tels les tatouages des femmes du commun où se condensent les vécus du Nord et du Sud, dans ce qui est fruit du partage, dans ce qui unit toutes les confessions et toutes les couleurs, dans ce qui jamais ne les divise.
"Aujourd'hui la main bienfaitrice du peintre est chargée de sortilèges. Ses oiseaux à l'envolée franche sont autant de messagers de bonheur, d'ouverture et de partage", a fait remarquer M. Ennaji à cette occasion.
Remerciant tous ceux qui ont pensé et participé de près ou de loin à l'organisation de cet hommage, Houssein Miloudi a souligné, dans une déclaration à la MAP, que cette initiative chargée de significations l'encourage à avancer et à exceller dans ses projets.
MILOUDI Houssin : né en 1945 à Essaouira où il vit et travaille.
Formation : Ecole des beaux-arts de Casablanca ; Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Expositions personnelles au Maroc ; Plusieurs expositions collectives nationales et internationales depuis 1969 ; 3Miloudi s’est fabriqué une sorte de hiéroglyphe à usage personnel qu’il fait tournoyer d’une manière saisissante dans des cercles qui font songer à ceux du zodiaque.
Cet alphabet imagé…procède d’un travail d’orfèvrerie comme on réalise dans la ville des grands artisans, Essaouira, sa ville natale. Miloudi parvient de la sorte à élaborer en dehors de la pression de la grande ville une des œuvres des plus pertinentes de la peinture marocaine contemporaine. » Azzouz Tnifass
*30 ans de mécénat
Quand les toiles disent l’identité culturelle
Quand les toiles disent l’identité culturelle
Un arc-en-ciel de couleurs qui illumine le ciel d’Essaouira
Dans les dédales de la ville des Alizés, au centre de la mythique Skala, se trouve l’atelier de Houssein Miloudi, Bayt Latif de son nom.
La petite bâtisse fait partie du paysage et s’y fond en toute harmonie. A l’intérieur, la clarté des murs rehausse la beauté des couleurs et des formes que donnent à voir les tableaux qui les ornent.
De petits formats qui offrent une variété de styles, un foisonnement d’esthétiques et de tons, expriment une volonté manifeste de diversité et de dialogue. Des jeux d’ombre et de lumière qui dégagent des sonorités envoûtantes, mettent les sens en émois et éveillent ce qu’il y a de plus beau au fond de chacun de nous. Ils en disent long sur la finalité de cet art qui se veut fédérateur.
Cette mosaïque de cultures et cette variété de palettes visent un objectif clair: ouvrir la peinture sur d’autres horizons en ouvrant grand la porte aux créations d’artistes internationaux. Telle est, justement, la démarche dans laquelle s’inscrit cette exposition qui se déroule actuellement à Essaouira qui durera jusqu’au 1er juin prochain. Organisée par l’association Ambre Maroc, à l’occasion de la 8e édition du Printemps musical des Alizés, et en partenariat avec la Fondation des trois cultures, elle a pour thème révélateur: «L’identité culturelle». Il s’agit, en fait, de retrouvailles entre artistes de l’association Ambre Maroc et Ambre international qui ont réuni leurs pinceaux, sous d’autres cieux, pour exposer ensemble. Ces artisans de la couleur s’appellent Omar Bouragba, Mohamed Boustane, Ahmed El Hayani, Houssein Miloudi et Nawal Sekkat, Eve Domy, Forez Jean-Claude, Michel Hergibo, Rné Lunel et Jean-Paul Moya.
Omar Bouragba revient sur la genèse de cette manifestation: «L’idée de célébrer nos retrouvailles à Bayt Latif est née de l’organisation de notre rencontre avec les artistes espagnols. Quel bonheur d’avoir chez soi les amis qu’on aime et ceux à découvrir. Tisser des liens, c’est bien, s’en envelopper, c’est mieux.
Le Maroc est un pays millénaire. De par sa géographie, et son histoire, il est devenu un carrefour de civilisations et de cultures. Notre tradition nous enseigne à nous enraciner dans ce qui est juste et beau. Et pour cela, avoir le cœur attentif et l’esprit à l’écoute sont une nécessité».
En se promenant entre les toiles, le spectateur effectue une réelle ballade entre les cultures. Mieux, au sein d’une même culture, les visions changent et prennent des aspects variés. Frémissantes, minimalistes, paradoxales, passionnées, recherchées, simples, sophistiquées… les toiles sont une invitation au voyage mais surtout à la réflexion. Pour la Française Eve Domy, peintre et art thérapeute, la toile est le lieu d’accueil des strates de l’inconscient. L’œuvre évolue au rythme des accidents successifs.
Quand on fixe ses œuvres, les glacis qui y sont apposés nous incitent à fouiller au fond de nous-mêmes à la recherche de quelques détailles qui auraient échappé à notre conscient pour trouver refuge dans notre inconscient.
Autre peintre, autre vision. Mohamed Boustane qui use et abuse de la lettre dans ses toiles opte pour la calligraphie comme mode d’expression. Les ondulations des lettres, chargées de poésie, sont autant de passerelles entre le passé et le présent. Elles sont une interaction entre toutes les civilisations.
Navigant entre le noir et le blanc, l’œuvre de Jean-Claude Forez est intense sans être violente. Quant à celle de Miloudi, elle est bien enracinée dans sa culture.
Elle porte les traces d’une tradition riche en signes et en symboles. Ce n’est donc pas pour rien qu’elle constitue l’un des
sommets de l'Art cotemporain au Maroc




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Re: Essouira Artistes Singuliers au Pluriel

L'artiste Boujemaa Lakhdar



Lakhdar le Mer 2 Déc - 22:41



Si Ibrahim,

La biographie de Lakhdar Boujemaa que tu as fournie est impécable. Je te remercie pour cette étude laborieuse à laquelle j'ajoute une photo de jeunesse inédite du défunt Boujemaa.

Merci!
en toute verité pour moi feu si Boujemaa Lakhdar , merite un grand Poster à si Omar
Allah irahmou ou irham Al walid qui tenait une boutique à Chouarej , je me rappelle trés bien
de son visage comme si c'était hier et de ton passage chez lui et meme parfois il te laisse
à sa place pour aller faire sa prière ou faire des courses .
avec mes amitiés
ibrahim

Doyen de la peinture souirie et l'un des pionniers de la peinture contemporaine marocaine, Boujemâa Lakhdar, né en 1941 dans la Cité des Alizés, s'initia en autodidacte à l'art dès son jeune âge. Par son oeuvre et son intérêt pour la culture, il compte parmi les personnalités et les artistes les plus marquants de la scène picturale et culturelle.

Tout en développant son activité artistique, il achève avec succès ses études universitaires à la faculté des sciences de Rabat. En 1980, il fut nommé conservateur du musée Sidi Mohammed Ben Abdellah d'Essaouira, auquel il a contribué activement à sa création. Il a en parallèle suivi des études de sociologie à Rabat et d'ethnologie à Paris.

Fortement inspiré par les arts et les traditions populaires du Maroc, le défunt Lakhdar se consacra à des recherches dans différents domaines tels la magie populaire, les chants traditionnels, la sculpture, l'artisanat et l'histoire de sa ville pour laquelle il vouait une passion particulière.

En tant qu'artisan et artiste, il a toujours réussi à étonner par la créativité et l'originalité de son oeuvre. Dans ses sculptures, il introduisait avec soin et souplesse des figures géométriques ciselées dans des plaques en cuivre.

Initié aux pratiques des anciens artisans, par le biais de l'observation participante, il sut maîtriser et faire la synthèse de leur savoir ancestral dans des compositions artistiques fort savantes. C'est le cas de son insolite astrolabe musical, entre autres objets ésotériques.

Pendant ces trente années, il n'a cessé de créer. Depuis 1959, il a exposé dans plusieurs villes du Maroc, et aussi en France, à l'occasion de la sixième Biennale de Paris. Le couronnement de sa longue carrière artistique fut en 1989, date de son décès, avec la sélection de quelques unes de ses compositions pour l'exposition universelle intitulée ""Les magiciens de la terre"" au Centre Beaubourg à Paris, où il fut le seul représentant du Maghreb.

Sur l'oeuvre de Boujemaâ Lakhdar, l'écrivain Mohamed Sijilmassi disait que ""c'est un univers ambigu, magico-mystique qu'il transpose dans ses sculptures-objets, où le bois, le cuivre, l'argent, la peau, la toile, le papier s'ordonnancent avec une certaine provocation pour recevoir des signes-symboles qui seront gravés, peints, incrustés ou ciselés.

Et d'ajouter que ""cherchant délibérément ses formes dans ce réservoir inépuisable de culture arabo-berbère et africaine, il renoue avec le langage oublié des signes, des symboles et des mythes qui constituent la trame de ses oeuvres"".

Né au début des années quarante à Essaouira dans un milieu modeste, Lakhdar est très tôt influencé par sa ville de naissance. Enfant déjà, il ramasse le bois flotté sur le rivage, compose d'étranges sculptures avec les déchets de cuir des tanneries. Les alizés apportent des images lointaines et dans les ruelles flotte le souvenir d'influences mêlées, arabes, berbères, juives, andalouses, africaines. Entre la cité des vents et le jeune Lakhdar naît une véritable histoire d'amour qui rendra l'homme indissociable d'Essaouira.
L'esprit vif, curieux de tout, Lakhdar obtient tous les baccalauréats de son époque : mathématiques, sciences expérimentales, lettres modernes. Puis, il suit les cours de mathématiques supérieures et spéciales à Casablanca, au lycée Lyautey. Cet attrait pour les sciences ne l'empêche pas de lire les auteurs classiques, d'aimer la philosophie. Avec ses amis, il débat des heures durant les idées de Sartre et de Camus. Alors qu'une carrière stable s'offre à lui - il aurait pu être topographe - il s'interroge sur le sens profond de la vie... et décide de se consacrer exclusivement à l'art, auquel il voue une réelle passion. Il rentre à Essaouira, s'installe dans sa maison natale, 18 impasse Ahmed Baba Soudani. Là, il crée un atelier ainsi qu'une galerie qui deviennent rapidement un lieu d'échanges et de rencontres. Mahjouba Moummad, qu'il nomme Halima, la clémente, devient sa compagne.

L'artiste
Peintre autodidacte, Lakhdar vit des années cinquante aux années soixante sa période figurative. Dès 1959, il expose à Bab Sbaâ, une galerie d'Essaouira. Puis à Marrakech, Casablanca, Rabat et Fès. Enfin en France, en 1969, à la 6e Biennale de Paris. Ses oeuvres sont ésotériques, mais parlent un langage universellement compréhensible.
Délibérément, il s'adresse à tous, aux enfants, aux paysans, aux fous même, qu'il invite parfois à ses expositions. Il parle au coeur, à l'inconscient collectif, à nos racines profondes. Il crée un lien entre le tellurique et le cosmique et déclenche ainsi l'émotion. Lui-même disait de l'art : « C'est une notion ambiguë, simple et complexe à la fois. Mais on peut dire que l'art est une prière énigmatique devant l'absolu, formée de signes et de symboles et qui est l'expression de la transparence magique de l'universel ». Universel, certes, mais le cordon ombilical avec la terre natale, invisible, reste toujours présent. Peintures, sculptures évoquent Essaouira et recréent, le temps de la contemplation, son atmosphère parfois irréelle.

L'artisan
Proche des maîtres-artisans - bijoutiers, graveurs, menuisiers... - Lakhdar travaille avec eux, s'émerveille. Il dira : « La communication de l'artisan avec la matière est intense : c'est un travail qui se réalise lentement, de telle sorte qu'il y ait imprégnation. On parle à ce propos de la
« gana » des maâlem (l'humeur des maîtres) ». Peu à peu, Lakhdar délaisse les toiles, trop restrictives à son gré, et devient lui aussi sculpteur, ébéniste, bijoutier. Il réalise des « meubles » étranges, fantasmatiques, aux dimensions mythologiques, tables, astrolabes, trônes... Il écrit : « Derrière chaque oeuvre il faut dire qu'il y a une longue histoire, l'histoire de mon discours mimé qui me dérange et celle d'un grand rêve qui n'a ni début ni fin. C'est donc l'histoire d'un thème que j'ai incrusté, peint, marqueté, brodé, sculpté... chaque fois que je suis en transe ». Et ce savoir, il le transmet par ses créations, mais aussi en donnant des cours de marqueterie aux élèves du centre de formation professionnelle.

Les symboles
Lue ce soit dans ses peintures ou ses sculptures, Lakhdar reste fidèle à la formule de Klee : « L'art ne reproduit pas toujours ce qui est visible, mais rend visible ce qui ne l'est pas toujours ». Ainsi, apparaissent dans son oeuvre autant de symboles, certains venus du fond des âges, de ceux que l'on découvre sur les parois rupestres : cercle, disque solaire, ceil, mais aussi gazelle, aigle, tortue, serpent... Tous font partie de la culture ancestrale, on les retrouve dans les contes populaires. Ils marquent profondément l'inconscient. Dans un texte, « L'empire des signes », paru dans une encyclopédie, Lakhdar écrit : « Le dynamisme de la créativité populaire est tel que les formes et les signes qui surgissent du fond des siècles, probablement tous liés à des pratiques magiques, ne meurent pas, même occultés, refoulés, écrasés. Des signes gravés sur les roches du Haut-Atlas et de l'Anti-Atlas, il y a trois à quatre mille ans, surgissent aujourd'hui encore quotidiennement dans les productions populaires traditionnelles. Ils se mêlent à d'autres signes produits plus récemment ».
Il étudie la calligraphie, les différentes écritures, arabe bien sûr, mais aussi tifinagh, les alphabets ésotériques de Noé, de Bamoussya.. . Les correspondances avec l'astrologie et la magie le fascinent et les petits « livres jaunes » des magiciens lui dévoilent leurs secrets.

La musique
Lakhdar, qui se passionne pour la transmission orale des contes, s'intéresse tout autant à la musique.

En ce domaine, la région d'Essaouira présente un patrimoine extrêmement riche. Ainsi, note Lakhdar : « À Essaouira et dans les environs, on trouve les musiciens, les chanteurs et les chanteuses de la tradition amerg et ahouach chez les Haha, l'aïta chez les Chiadma ». L'amerg est une chanson des tribus berbères, accompagnée de plusieurs instruments, bendir, gembri, ribab, nakos. Dans l'ahouach, s'ajoute le son d'une flûte. En ville, fruit d'influences berbères, juives et arabes, la musique andalouse a aussi sa place. En ce qui concerne le malhoun, poésie en arabe dialectal, Lakhdar avait émis la Ihèse, controversée, de l'existence d'une école souirie à la fin du XIXe siècle, menée par Mohammed Ben Sghir.

Lakhdar a également écouté les musiques rituelles des Hmadcha, dont le rassemblement, ou moussera, a lieu chaque année en juillet : « La hadra est un rituel, non un folklore (...) On va à 1a zaouia pour participer à une cérémonie religieuse dans laquelle la musique sacrée est un moyen et non une fin en soi. Comme dans d'autres rites sacrés, la musique permet d'atteindre certains états spirituels selon le principe soufi du sarnaâ... ». On retrouve la transe dans le rituel gnaoua, qui a rendu Essaouira mondialement célèbre avec son Festival de Musique dont le succès ne se dément pas. De nombreux Noirs venus d'Afrique - Gnaoua signifie « Guinéen » - avaient travaillé dans la région dans les fabriques de sucre, et ce jusqu'au XVIe siècle, apportant avec eux leurs coutumes et traditions, notamment leurs rites de possession à l'effet thérapeutique. Lakhdar écrivit de nombreux articles à ce sujet, tout comme il décrivit les chants des fêtes religieuses, telle celle de l'Achoura, début de l'année musulmane, ou bien l'aïta, ancien chant bédouin... Lakhdar n'eut de cesse de valoriser et de faire connaître ces musiques. Ainsi, il fit coïncider l'ouverture du Musée des Arts et Traditions Populaires, en 1980, avec le premier Festival intitulé « La musique d'abord » et il accompagna les Hmadcha au Festival des Musiques Sacrées de Nanterre en 1984.

Conservateur de musée
Au début des années quatre-vingt, Lakhdar est nommé conservateur du Musée
Abdellah, du nom du souverain souverain qu'il avait représenté tableau, immense... Déjà publiées dans de nombreuses revues et dans la presse, Lakhdar va pouvoir faire de ce musée un endroit vivant et partager son engouement et ses connaissances avec le public. Sous la direction de Georges Lapassade, professeur de Sciences de l'Éducation à Paris VIII et d'Anthropologie Maghrébine à Jussieu, il prépare une maîtrise sur l'enseignement de l'incrustation à Essaouira. Très proche des confréries populaires, Lakhdar participe aux soirées de musique et de transe. Il se livre en même temps à un travail d'ethnologue, prend des notes, assemble des renseignements. Lapassade se souvient que « c'était sa manière de pratiquer l'ethnologie, non pas comme un observateur extérieur des rituels, mais au contraire comme un participant qui les vivait de l'intérieur ». Dans les notes de Lakhdar, on peut lire cette constatation à propos des tatouages corporels que pratiquent les femmes, les nakkachas : « Ces formes et symboles ont une grande ressemblance avec ceux employés dans le tatouage, la poterie, la tapisserie et même la bijouterie. Il est donc frappant de constater avec quelle fluidité ces « signes-migrateurs » ou « signes-transe » ont pu essaimer d'un système sémiotique à un autre ». Phrase qui résume à la fois son travail de chercheur et d'artiste. Sans cesse en quête du signe, précurseur, il utilise une caméra et filme danses et transes. Hélas, la plupart de ces films ont été détruits par le temps et le mauvais entretien. Quel mécène pourra sauver ce qui est encore possible de l'être? Car ce sont des témoignages uniques qui sont menacés...

Le bâtisseur
À Aït Yassine, à 13 kilomètres d'Essaouira, dans le pays Haha, sur la route d'Agadir, Lakhdar construit lui-même sa maison avec les matériaux du terroir. Dans la forêt de l'arganeraie, c'est une nouvelle oeuvre d'art qu'il érige ainsi, compositions artistiques, peintures, sculptures, avec toujours cette cosmogonie qui lui est propre et son bestiaire fantastique. Le lieu mérite d'être classé monument historique, afin que soit assurée sa préservation et sa mise en valeur. Cela ne pourrait qu'enrichir le patrimoine culturel déjà si varié d'Essaouira et permettrait à un public plus large de découvrir un homme aux multiples facettes, si représentatif à la fois de sa région mais également de la culture marocaine. D'ailleurs, en accord avec l'épouse du peintre, propriétaire des lieux, le cinéaste iranien Hamid Fardjad vient de rénover cette maison, « Dar El Baz », qui est maintenant ouverte au public.

Hommage :
En 1989, Lakhdar rencontre enfin une consécration méritée. Il est le seul représentant du monde arabe à participer à une exposition qui fera date dans l'histoire de l'art : « Les Magiciens de la Terre » à Paris, au Centre Georges Pompidou. Il meurt la même année des suites d'une douloureuse maladie. On ne rendra jamais assez hommage à cet homme d'exception dont l'humilité et la modestie ont marqué ceux qui le côtoyèrent. Il a su rapprocher art et artisanat, souligner le sacré. Ainsi, mystique et quotidien alternent dans cette vie et cette oeuvre en un va-et-vient permanent qui évoque le flux et le reflux des vagues sur la côte rocheuse d'Essaouira.




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